Un lycéen a été grièvement blessé au bras lorsqu’une bombe de déodorant, jetée dans un feu, a explosé et l’a frappé près du lycée Koeberlé à Sélestat, dans le Bas-Rhin. L’incident a été rapporté par une élève, proche amie de la victime et témoin des faits. Elle a décrit comment le blessé était recouvert d’un drapeau français qu’il avait avec lui, taché de sang. « Nous étions devant le lycée, a-t-elle raconté. Mes camarades ont allumé un feu. Puis, un ami a jeté une bombe de déodorant dans les flammes. La bombe aéronautique s’est envolée et a atterri sur le bras de l’un de mes meilleurs amis. Il avait du sang sur le bras, il y avait un trou, on voyait sa chair, son os. C’était choquant pour nous tous. » Plusieurs élèves présents ont filmé la scène avec leurs téléphones portables. Les vidéos montrent un groupe d’une cinquantaine de jeunes rassemblés avec excitation autour d’un feu allumé à même le sol. Certains jetaient à tour de rôle des objets dans les flammes, dont des bombes aérosols qui, en explosant, projettent des jets de feu. L’une de ces bombes a été violemment éjectée et a frappé un lycéen au bras, au-dessus du coude. On le voit courir en hurlant. L’impact a provoqué une large blessure au-dessus du coude. « Après ça, les élèves ont commencé à fuir ou à faire des crises de panique en voyant le sang, a expliqué un autre élève. La police a essayé de calmer la situation en distribuant des gâteaux. Elle a été très bien à ce moment-là. » L’accident s’est produit vers 10 heures du matin devant les grilles du lycée Koeberlé à Sélestat. Contrairement à d’autres établissements de l’académie, celui-ci n’était pas fermé et les cours avaient lieu. Selon plusieurs témoignages, c’est devant ses grilles que des lycéens de différents établissements de la ville s’étaient donné rendez-vous. « Ça a dérapé, ont déclaré d’autres lycéens présents sur place. Il y aurait un ou deux autres blessés, l’un touché au pied ou au genou, l’autre à l’abdomen avec un hématome. » Ces informations ne sont pas confirmées par les pompiers ni par le sous-préfet de Sélestat, qui ne mentionnent qu’un seul jeune hospitalisé. « Je trouve ça anormal, a réagi une lycéenne présente sur les lieux. Il y a trop de gens qui ne sont même pas inscrits chez nous et qui sont venus manifester, et ça a tout gâché. On est là pour défendre nos droits, mais certains en profitent pour tout casser et tout saccager à Sélestat. Ça a dérapé, et c’est seulement quand il y a eu un blessé que tout s’est arrêté. » Elle a indiqué qu’elle ne participerait pas à la mobilisation lycéenne si elle devait se poursuivre la semaine suivante. Une enquête a été ouverte pour déterminer les responsabilités dans l’accident. Le lycéen blessé a été pris en charge dans un hôpital de Strasbourg.