Selon l’Eurobaromètre spécial 574 de la Commission européenne sur le sport et l’activité physique, la France continue de se situer en dessous de la moyenne européenne en matière de pratique sportive régulière. L’enquête, menée entre avril et mai 2026 auprès de plus de 26 000 personnes dans les 27 États membres de l’UE, dont 1 016 en France, révèle que 39 % des Français déclarent pratiquer un sport ou une activité physique au moins plusieurs fois par semaine, contre 47 % en moyenne dans l’Union. Les Pays-Bas et la Finlande affichent les taux les plus élevés, avec respectivement 75 % et 80 % de répondants pratiquant au moins plusieurs fois par semaine. En France, près de quatre répondants sur dix indiquent ne jamais faire de sport ou d’activité physique dans un cadre sportif, une proportion proche de la moyenne européenne. Toutefois, lorsque l’on élargit la définition de l’activité physique pour y inclure la marche, le vélo, la danse ou le jardinage, 60 % des Français déclarent pratiquer une activité physique en dehors d’un cadre sportif au moins plusieurs fois par semaine, contre 71 % en moyenne dans l’UE. Les lieux où s’exerce l’activité physique confirment cette diversité. Les espaces extérieurs restent les plus prisés, tant en France qu’en Europe. Les parcs et les espaces verts arrivent en tête, tandis que les déplacements entre le domicile, le travail, l’école ou les commerces jouent également un rôle important. Les infrastructures dédiées, comme les salles de sport, ne représentent donc qu’une partie de l’écosystème. La France se distingue cependant par le rôle des clubs sportifs. Parmi les personnes pratiquant une activité physique, 22 % déclarent être membres d’un club sportif, contre 16 % en moyenne en Europe. À l’inverse, l’adhésion à une salle de fitness ou de perte de poids concerne 10 % des Français, contre 21 % au niveau européen. La santé constitue le principal moteur de l’activité physique en France, puisque 45 % des pratiquants citent l’amélioration ou le maintien de leur santé physique parmi leurs motivations. La détente arrive en tête des réponses, avec 48 %, devant l’amélioration des performances physiques, évoquée par 18 % des répondants. Les déplacements d’un lieu à un autre motivent également 29 % des personnes interrogées. Les bienfaits perçus du sport sont largement partagés. En France, 95 % des répondants estiment que le sport et l’activité physique contribuent à améliorer la santé mentale, contre 93 % dans l’UE. Une très large majorité considère également qu’ils favorisent les liens au sein de la communauté et peuvent améliorer le bien-être des groupes marginalisés. Un défi majeur persiste : transformer cette conviction en habitude. En France, 33 % des répondants citent le manque de temps comme obstacle à une pratique plus régulière. Le manque de motivation ou d’intérêt arrive ensuite, avec 25 % des réponses. Les problèmes de santé ou les blessures sont mentionnés par 15 % des répondants, tandis que 13 % estiment que le sport est trop cher. La hiérarchie des obstacles est similaire à celle observée dans l’ensemble de l’UE, où le manque de temps est également le principal frein, cité par 37 % des répondants. Le coût arrive après le manque de motivation, mais reste un obstacle concret pour une partie de la population. À cet égard, les difficultés d’accès au sport ne concernent pas uniquement la disponibilité des équipements : elles touchent aussi les rythmes de vie, les contraintes familiales et les ressources disponibles. La question du prix mérite d’être nuancée. Les dépenses déclarées en matière de sport restent limitées pour une grande partie de la population, mais cela ne signifie pas nécessairement que l’accès est aisé. Une faible dépense peut aussi refléter une pratique autonome, sans abonnement ni inscription en club, ou une activité occasionnelle. Pour les acteurs économiques, l’enjeu est donc de proposer des formats accessibles sans renoncer à la qualité de l’encadrement et des services. En France, 82 % des répondants pratiquant une activité physique déclarent dépenser moins de 50 euros par mois. Ce chiffre est supérieur à la moyenne européenne, fixée à 75 %, et l’un des plus élevés de l’UE, derrière notamment la Hongrie (84 %) et la Slovaquie (83 %). À l’inverse, les dépenses mensuelles comprises entre 50 et 100 euros concernent une minorité de Français. Les montants supérieurs sont encore plus marginaux. Dans plusieurs pays, les dépenses déclarées sont significativement plus élevées : 27 % des répondants en Autriche et à Chypre indiquent dépenser entre 50 et 100 euros par mois pour leur pratique sportive. L’enquête met également en lumière le rôle que les citoyens attribuent au sport dans leur vie. En France, 54 % des répondants estiment qu’il occupe une place importante, qu’ils le pratiquent, le regardent ou le suivent en tant que supporters. Cette proportion est légèrement inférieure à la moyenne européenne, qui atteint 55 %. L’étude révèle aussi une marge de progression en matière de bénévolat sportif. En France, seulement 6 % des répondants déclarent actuellement effectuer du bénévolat au service du sport, tandis que 2 % prévoient de s’engager dans les deux prochains mois. La majorité n’envisage donc pas de s’investir dans ce type de démarche à court terme. Pour les clubs, les fédérations, les collectivités locales et les entreprises du secteur, le défi reste le même : faciliter le passage de l’intérêt pour le sport à une pratique régulière. Les données françaises montrent que le souhait de préserver sa santé et de se sentir mieux est bien présent. Cependant, le manque de temps, les contraintes financières et les habitudes de vie continuent de limiter cette pratique. La comparaison européenne rappelle aussi que les niveaux d’activité ne sont pas une fatalité. Les écarts observés entre les pays montrent que les comportements varient grandement selon les contextes. Pour le sport français, le défi n’est donc pas seulement de renforcer l’adhésion au discours sur les bienfaits de l’activité physique, mais de rendre la pratique plus simple, plus accessible et plus facile à intégrer au quotidien.