La hausse de l'obésité en Afrique stimule le marché des médicaments amaigrissants

La hausse anticipée de l'obésité en Afrique ouvre de nouvelles perspectives pour les fabricants de médicaments amaigrissants. Cette préoccupation sanitaire croissante stimule la demande de traitements comme les agonistes des récepteurs du GLP-1, largement utilisés pour gérer le poids et le diabète.

Les laboratoires internationaux visent l'expansion en Afrique

Novo Nordisk et Eli Lilly, deux grands fabricants de médicaments contre l'obésité, cherchent à étendre leur succès sud-africain au reste du continent. Ils veulent tirer profit de la demande croissante de traitements amaigrissants, alors que les taux d'obésité ne cessent de grimper.

Les obstacles réglementaires freinent la croissance du marché

Malgré le besoin grandissant, le développement de ces médicaments se heurte à des obstacles réglementaires. L'Afrique du Sud a récemment annoncé des règles plus strictes concernant les préparations personnalisées, qui concurrencent les produits des grands laboratoires pharmaceutiques. Ces préparations, souvent utilisées pour des traitements individualisés, font désormais l'objet d'un contrôle plus étroit.

Les médicaments GLP-1 gagnent du terrain en Afrique du Sud

Le Wegovy et l'Ozempic de Novo Nordisk, ainsi que le Mounjaro de Lilly, figurent parmi les médicaments GLP-1 qui gagnent en popularité en Afrique du Sud. Ces traitements servent principalement à réduire l'appétit et à faciliter la perte de poids, certains étant également approuvés pour la prise en charge du diabète. L'Afrique du Sud demeure le principal marché de ces produits sur le continent.

Le marché sud-africain montre des signes prometteurs

Le marché sud-africain des médicaments GLP-1, qui comprennent des traitements contre le diabète et pour la gestion du poids, a presque doublé en valeur. Au 30 juin 2026, le marché atteignait 2,8 milliards de rands (environ 170 millions de dollars), signe d'une forte croissance et d'un potentiel d'expansion supplémentaire.

Les laboratoires élargissent leur présence régionale

Novo Nordisk a lancé le Wegovy et l'Ozempic au Kenya, tandis que l'Égypte a approuvé le Wegovy. Le Mounjaro de Lilly est également envisagé pour une utilisation plus large, des demandes d'enregistrement ayant été déposées au Kenya et au Nigeria. Ces démarches témoignent d'une volonté stratégique de développer le marché à l'échelle de l'Afrique.

La crise de l'obésité en Afrique alimente la demande

La progression de l'obésité en Afrique est liée à l'évolution des modes de vie, notamment aux changements alimentaires et à la sédentarité accrue due à l'urbanisation. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le taux d'obésité chez les adultes en Afrique est passé de 8,64 % en 2010 à 12,08 % en 2022, ce qui témoigne d'un besoin croissant de traitements efficaces.

Le potentiel du marché dépasse l'usage initial

La demande de médicaments contre l'obésité ne se limite pas à la perte de poids à court terme. Elle concerne aussi les traitements au long cours destinés à maintenir la perte de poids, ce qui est essentiel pour la prise en charge des maladies chroniques. À l'échelle mondiale, le marché des médicaments contre l'obésité devrait croître fortement, passant de 66 milliards de dollars en 2025 à plus de 200 milliards de dollars d'ici 2027.

Les coûts élevés limitent l'accessibilité

Malgré la demande croissante, le prix élevé de ces médicaments demeure un obstacle. En Afrique du Sud, la version la plus concentrée du Wegovy coûte 3 746 rands pour quatre semaines, soit plus des trois quarts du salaire brut d'un employé travaillant 40 heures par semaine au salaire minimum légal. Ce problème de coût se retrouve également dans les marchés occidentaux, où de nombreux utilisateurs peinent à assumer la dépense.

La concurrence et les médicaments contrefaits font peser des risques

Le marché devient plus concurrentiel, avec l'arrivée de versions génériques des médicaments GLP-1. Sun Pharma, par exemple, a lancé une version générique du sémaglutide en Afrique du Sud. Par ailleurs, la circulation de médicaments contrefaits, comme de faux Ozempic, suscite des inquiétudes chez les régulateurs et les fabricants.

Clarté réglementaire et nouveaux marchés à venir

À mesure que le marché évolue, la clarté réglementaire sera déterminante. L'Afrique du Sud doit publier de nouvelles normes en mars 2027, qui pourraient définir le champ d'application des préparations personnalisées. Ailleurs sur le continent, l'ouverture de nouveaux marchés dépendra des décisions réglementaires et du lancement effectif des produits.