Au Théâtre des Champs-Élysées, Eric Lu, lauréat du Concours Chopin 2025, a donné un récital qui a mis en lumière son lien personnel profond avec l’œuvre de Frédéric Chopin. La soirée a débuté par une transcription pour piano du mouvement lent du Sextuor à cordes de Brahms, une pièce rare et peut-être offerte à Clara Schumann. Bien que l’interprétation de Lu ait été techniquement irréprochable, certains critiques ont souligné que le vibrato expressif de la version originale pour cordes était difficile à restituer au piano. Certains ont estimé que cette pièce, bien que bien jouée, ne convenait pas parfaitement à l’ambiance formelle d’un concert. Lu a ensuite interprété trois des quatre Impromptus de l’Opus 142 posthume de Chopin, omettant le troisième, qui se distingue par ses variations sauvages et imprévisibles. Son jeu a été salué pour sa clarté et sa profondeur émotionnelle, notamment dans le dialogue romantique du premier Impromptu et les doubles croches rapides du dernier. Cependant, certains auditeurs ont trouvé que son interprétation manquait de la liberté imaginative et de l’audace que suggère habituellement le terme « impromptu ». Le point d’orgue du récital a été l’exécution par Lu de la Ballade no 4 (Op. 52) de Chopin, où il a démontré un sens narratif marqué et une grande intensité émotionnelle. Son interprétation a évoqué une histoire de souffrance oscillant entre tension et apaisement, chaque retour du thème principal ajoutant de nouvelles couches de sens. La performance a atteint un sommet puissant dans la coda, décrite comme un cri profondément émouvant. Après une version raffinée et noble de la Polonaise juvénile de Chopin (Op. 71 no 2), Lu a enchaîné avec la Sonate no 3 (Op. 58), confirmant ainsi son affinité avec l’œuvre du compositeur. Son Maestoso Allegro a été remarqué pour l’équilibre entre force et tendresse, suivi d’un Scherzo étincelant et d’un Largo poignant, sommet lyrique de la sonate. Son interprétation a été qualifiée de sobre, laissant briller le cœur émotionnel de la musique. Le récital s’est achevé sur trois rappels : une Rêverie délicate de Robert Schumann, extraite des Scènes d’enfants (Op. 15), une Grande Valse (Op. 42) de Chopin, d’une virtuosité à couper le souffle, et l’Aria des Variations Goldberg de Bach, exécutée avec une simplicité et une élégance remarquables. Chaque morceau a été accueilli par des applaudissements enthousiastes, soulignant l’appréciation du public pour l’artistry et l’expressivité émotionnelle de Lu.