Le gouvernement yéménite a annoncé lundi qu’il avait lancé une offensive militaire pour reprendre le contrôle de l’ensemble du pays aux combattants houthistes pro-iraniens. Ces derniers ont coupé une route stratégique reliant Taëz, une grande ville du sud-ouest qu’ils assiègent désormais, à Aden, où siège le gouvernement reconnu par la communauté internationale. Soutenu par l’Arabie saoudite, le gouvernement yéménite a indiqué lundi avoir mené des centaines de frappes contre les positions houthistes après l’annonce de cette offensive visant à reprendre le pays aux miliciens alignés sur Téhéran. L’opération sur la capitale yéménite, occupée par le mouvement pro-iranien, a débuté dès le matin du lundi 5 octobre. Une chaîne médiatique houthiste a par ailleurs rapporté la mort d’une femme dans des frappes aériennes saoudiennes. Au Yémen, l’armée gouvernementale a entamé, également lundi 5 octobre, une tentative de reprise des territoires perdus face aux Houthis. Moins d’un mois après avoir été balayés par une offensive surprise de rebelles islamistes, les forces soutenues par l’Arabie saoudite auraient repris « plusieurs positions stratégiques autour du détroit de Bab El-Mandeb », selon Middle East Eye lors de sa couverture en direct. Le nom de l’opération : L’Aube du Yémen. Parallèlement, le gouvernement yéménite reconnu internationalement a annoncé le début d’une « opération stratégique » visant à reprendre Sanaa, d’après la version anglaise du site saoudien Al-Arabiya. L’ancienne capitale et plus grande ville du pays avait été capturée par Ansar Allah (« les Partisans de Dieu », nom officiel du mouvement) au début de la guerre civile, en 2014. « Nous entrons dans une phase décisive de l’histoire de notre nation », a déclaré Rachad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de leadership, lors d’une allocution télévisée annonçant le lancement de l’opération dimanche 4 octobre. « L’armée du gouvernement yéménite reconnu internationalement affirme avoir repris le contrôle du district de Dhubab ainsi que des positions stratégiques près de Bab El-Mandeb », relève la chaîne qatarie Al-Jazeera. Selon une source militaire anonyme citée par l’agence pro-gouvernementale Saba, l’armée officielle aurait également repris Moka, un port stratégique sur la mer Rouge. Les Houthis ont démenti ces informations. « Le tournant serait que le gouvernement yéménite s’empare de territoires situés au cœur du pays », une zone où le groupe armé est solidement implanté, analyse Hisham Al-Omeisy, spécialiste du Yémen à l’Institut européen de la paix, pour Al-Jazeera. Depuis Sanaa, l’un des journalistes de Al-Jazeera indique que les rebelles soutenus par l’Iran restent discrets. Si leur présence est « quasi inexistante », écrit Usaid Siddiqui, ce serait une « tactique avérée pour éviter les frappes aériennes saoudiennes sur leurs positions ». Des frappes qui se sont multipliées ces dernières semaines. Au Yémen, le risque d’une nouvelle escalade aux répercussions mondiales. En réponse à la menace houthiste, Taëz, ville martyre, déclare une « mobilisation populaire ». Yémen : l’offensive houthiste peut-elle se retourner contre l’Iran ? Au Yémen, faut-il s’attendre à « une opération militaire coordonnée dans les prochains jours » ?