Le budget de la défense de la France pour 2027 risque d'être rejeté, ce qui pourrait geler les investissements militaires et compromettre l'effort de réarmement.
Le budget de la défense menacé d'un rejet
Le budget de la défense pour 2027, actuellement examiné par l'Assemblée nationale, suscite une forte opposition et risque de ne pas être adopté. En cas d'échec, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a averti qu'il mettrait un terme aux investissements militaires et aux efforts d'entraînement en cours.Hausse du budget et limites juridiques
Le budget proposé pour 2027 prévoit 63 milliards d'euros pour les forces armées, soit une hausse de 11 % par rapport à l'année précédente. Toutefois, s'il n'était pas approuvé, les crédits resteraient automatiquement au niveau de 2026, ce qui gèlerait de fait la croissance et empêcherait toute planification à long terme.Principaux postes de financement et risques
Le budget alloue plus de 4 milliards d'euros aux munitions, 1 milliard à la défense aérienne et 700 millions aux drones et à la robotique. Thiériot a averti que, sans ce financement, la France serait privée de capacités essentielles alors que les menaces liées aux drones se multiplient dans le monde.Inquiétudes géopolitiques et liées aux alliances
Catherine Vautrin a souligné qu'un budget gelé enverrait un signal de faiblesse aux alliés, d'autant que l'Europe recentre ses efforts sur la défense. Thiériot a relevé que la France prendrait du retard sur l'Allemagne, qui prévoit de consacrer 120 milliards d'euros à la défense cette année.Vulnérabilité face aux attaques de drones
Thiériot s'est dit préoccupé par la vulnérabilité des villes françaises aux attaques de drones, en citant des incidents survenus aux Pays-Bas et en Pologne. Il a averti que des retards dans le développement des drones pourraient laisser exposées des villes comme Toulon et Marseille à de telles menaces.Conséquences pour les petites entreprises et l'emploi
Un gel du budget pourrait toucher 4 500 petites et moyennes entreprises qui dépendent des contrats de défense français. Ces entreprises ont déjà prévu 40 milliards d'euros de commandes supplémentaires, et le secteur de la sous-traitance pourrait perdre environ 200 000 emplois.Voie juridique pour l'adoption du budget
Thiériot a expliqué qu'une loi spéciale ou une procédure législative particulière n'était pas nécessaire, le budget pouvant se poursuivre sur la base du cadre juridique de l'année précédente. Il a fait valoir que cela permettrait d'avancer quelle que soit l'instabilité politique.