La ministre des Armées de France, Catherine Vautrin, a mis en garde jeudi contre le risque que l’absence d’adoption du budget de la Défense pour 2027 d’ici la fin de l’année ne prive l’armée française de la possibilité de « passer la moindre commande ». Elle a souligné l’importance de l’adoption de ce budget pour garantir la poursuite des investissements, de la préparation et de la formation des forces armées, alors que France se prépare à une éventuelle « grande engagement » face à la Russie. Catherine Vautrin s’est exprimée devant les députés de la commission de la Défense, mettant en lumière les dangers d’un retard dans son approbation. Le budget proposé pour 2027 prévoit une enveloppe de 63,4 milliards d’euros pour les Armées, soit une hausse de 11 % par rapport aux années précédentes, conformément à la loi de programmation militaire (LPM) révisée adoptée cet été. La ministre a rappelé que, en l’absence d’adoption avant la fin de l’année, les crédits seraient limités au niveau de 2026, ce qui créerait un déficit de 6,5 milliards d’euros. Cette situation empêcherait tout investissement à long terme, notamment dans les programmes d’armement et les commandes, faute de capacité financière suffisante. Ce budget prévoit notamment l’acquisition d’un stock de munitions d’une valeur de plus de 4 milliards d’euros, contre 2,4 milliards en 2026, ainsi que l’allocation de plus d’un milliard d’euros pour chacun des postes suivants : la défense antiaérienne, l’espace et les systèmes d’alerte avancée, ainsi que la production en série de drones et de systèmes robotisés. Catherine Vautrin a rappelé que les forces armées doivent se préparer à un éventuel conflit de grande ampleur tout en assurant leurs missions quotidiennes. Elle a évoqué les actions de la Russie comme une menace évidente, citant notamment ses efforts pour soumettre l’Ukraine et créer une nouvelle organisation de sécurité défavorable à l’Europe, tout en augmentant sa production d’armes et ses actions hostiles envers France. Le budget 2027 prévoit également d’augmenter les effectifs civils et militaires des armées de 2 150 personnes, d’élever le nombre de réservistes opérationnels à 57 500, soit une hausse de 5 500, et d’allouer 230 millions d’euros pour 4 000 appelés en 2025 — soit 1 000 de plus qu’en 2026. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer la préparation et la capacité militaires de France face à l’évolution des défis sécuritaires.