Des récentes informations suggèrent qu’un employé d’un laboratoire russe aurait pu mourir de la peste en Sibérie, suscitant une inquiétude mondiale. La peste, une infection bactérienne grave causée par Yersinia pestis, présente un taux de mortalité de 30 % à 100 % en l’absence de traitement. L’Institut Pasteur de Lille souligne que la maladie reste un enjeu de santé publique, et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) la classe parmi les maladies réémergentes, en raison des récents foyers épidémiques et de son retour dans des zones où elle avait disparu. Les craintes incluent également l’émergence de souches résistantes aux antibiotiques, ce qui pourrait compliquer le traitement. Entre 1990 et 2020, 50 000 cas de peste ont été recensés dans le monde, selon l’OMS. Cependant, les récents foyers restent limités et font l’objet d’une surveillance étroite de la part des autorités sanitaires. Entre 2019 et 2025, six pays ont signalé des cas humains confirmés de peste : la République démocratique du Congo (RDC), le Kenya, Madagascar, l’Ouganda, la Chine et la Mongolie. Ces six pays ont totalisé 3 847 des 3 860 cas suspects enregistrés dans le monde, dont 2 646 confirmés. Dans ces six pays, 423 décès ont été recensés, ce qui correspond à un taux de mortalité de 11 % parmi les cas suspects. La RDC et Madagascar sont les pays les plus touchés, représentant 97,7 % des cas confirmés et 87,7 % des cas suspects ultérieurement confirmés. Ces deux pays abritent des foyers endémiques, c’est-à-dire des zones où la maladie réapparaît régulièrement, selon l’OMS. En RDC, le principal foyer se situe dans les hautes terres de l’Ituri, dans le nord-est, où des épidémies sont documentées depuis 1928. À Madagascar, la peste est endémique dans les hautes terres du centre et du nord, au-dessus de 800 mètres d’altitude, avec une résurgence saisonnière de septembre à mars. Des cas confirmés de peste ont été signalés de manière sporadique en Chine, au Kenya, en Mongolie et en Ouganda. La Chine a rapporté jusqu’à cinq cas confirmés par an, et la Mongolie jusqu’à six cas, selon l’OMS. Le Kenya a enregistré ses premiers cas confirmés en 2021, puis entre 2 et 8 cas par an de 2023 à 2025. L’Ouganda a signalé deux cas confirmés en 2019, puis aucun par la suite. La région du Nil occidental, dans le nord-ouest de l’Ouganda, reste un foyer reconnu de peste, où la détection a toujours été épisodique. En Amérique du Sud, le Pérou est un pays endémique, et aux États-Unis, la maladie persiste dans l’Ouest, notamment au Nouveau-Mexique, en Arizona et au Colorado. Une région de Russie, frontalière de la Mongolie, la république sibérienne de Touva, a également connu des cas de peste bubonique en 2020. Le Brésil a signalé huit cas suspects et huit décès, mais aucun cas confirmé, ces décès ne sont donc pas inclus dans l’analyse du taux de mortalité de l’OMS. Le Qatar, l’Arabie saoudite et l’Équateur ont également rapporté des cas suspects, mais sans confirmation.