Dernier foyer en Haute-Savoie

Un an après la dernière dépopulation en Haute-Savoie liée à la dermatose nodulaire contagieuse, André Pernet et ses associés reviennent sur cette épreuve. Ils étaient le dernier foyer de la maladie présent dans la région, la dépopulation ayant eu lieu le 3 août 2025, après une annonce faite le 28 juillet.

Les difficultés de l'abattage sur place

André Pernet décrit la difficulté de l'abattage sur place comme l'aspect le plus éprouvant de la dépopulation. Contrairement à la tuberculose, pour laquelle les animaux étaient transportés par camion, les protocoles de la dermatose nodulaire contagieuse imposaient d'abattre les animaux directement dans l'exploitation afin d'empêcher la propagation de la maladie.

Impact sur les exploitations et le cheptel

À Faverges, douze exploitations ont été touchées par la maladie, et sept troupeaux laitiers ont été entièrement abattus. Dans une vallée, les vaches ont totalement disparu. La situation a conduit à une mobilisation générale exceptionnelle pour la vaccination. Les services techniques, d'abord débordés, sont finalement parvenus à vacciner l'ensemble du canton en une seule journée.

Retards administratifs et incertitudes

Entre l'annonce de la maladie et l'abattage, le lait était déjà stocké, ce qui créait une grande incertitude. Des décisions administratives devaient être prises à Paris, ce qui a retardé le processus de plus de trois semaines. Le fromage était bloqué dans les caves et les commandes d'aliments pour animaux ont été annulées, ajoutant aux difficultés rencontrées par les éleveurs.

Épreuves émotionnelles et logistiques

André Pernet souligne le poids émotionnel supporté à la fois par les éleveurs et par les vétérinaires, et note la fatigue qui pouvait conduire à des erreurs. Un camion de pompiers était toujours présent pendant la période des abattages, afin de gérer d'éventuels imprévus. Les éleveurs étaient également inquiets du transport d'insectes vecteurs et de l'utilisation de bombes insecticides dans les véhicules et les cabines de tracteurs.

Après la dépopulation et efforts de reconstruction

Après la dépopulation, André et ses associés se sont consacrés à la reconstitution de leurs troupeaux. Ils ont acheté des bovins dans différentes régions et ont conservé davantage de génisses afin d'étaler la période de renouvellement. Ils ont également dû faire face à la sécheresse et à la hausse des prix du fourrage, ce qui a retardé leur capacité à acheter des aliments supplémentaires.

Vaccination et inquiétudes concernant l'immunité

André insiste sur l'importance de la vaccination, rappelant qu'il faut plus de trente-cinq jours pour acquérir l'immunité. Il craint que la maladie ne revienne avec les nouveaux animaux, même s'il gère avec soin le calendrier de vaccination et retarde la montée en alpage afin d'assurer la sécurité du troupeau.

Impact humain et soutien

André et Christine évoquent la dimension humaine de la crise. Ils expliquent que, tout en se concentrant sur les soins aux vaches, ils ont parfois oublié les éleveurs eux-mêmes. Des groupes de soutien et un suivi psychologique ont été mis en place par la MSA pour aider les personnes touchées. André reconnaît la charge mentale ainsi que la pression exercée par le milieu politique, et souligne la nécessité de faire preuve d'empathie et de compréhension pendant de telles crises.