Une ferme française touchée par la tuberculose bovine a dû abattre 94 vaches et reconstruire à grands frais ; une meilleure qualité du lait et l'aide de l'État l'ont aidée à se rétablir.
Tuberculose bovine détectée dans une exploitation
Le 23 décembre, les services de l'État ont informé Lionel Hilaire et son cousin Olivier Hilaire, qui exploitent le Gaec du Bois Ménil, que deux de leurs vaches avaient été testées positives à la tuberculose bovine. La ferme se situe dans l'Orne, une région connue pour la concentration de cas de cette maladie, parfois surnommée la Suisse normande.Troupeau abattu à la mi-janvier
Le troupeau du Gaec du Bois Ménil a été abattu à la mi-janvier, le départ des animaux s'étalant sur plusieurs jours. Lionel Hilaire décrit ce processus comme éprouvant sur le plan émotionnel, tout en soulignant le soutien de la famille, des voisins et des amis.Enquête sur l'origine de la contamination
Les deux associés attendent les résultats d'une enquête épidémiologique ainsi que du génotypage de la bactérie Mycobacterium bovis prélevée sur les animaux abattus, afin de déterminer l'origine de la contamination. Ils ont choisi l'abattage total, malgré la complexité de l'abattage sélectif proposé par l'administration, invoquant les difficultés logistiques lors de la phase de nettoyage et de désinfection.Une contamination apparue pendant la prophylaxie
La contamination a débuté le 1er décembre, pendant une période de prophylaxie renforcée, lorsque deux vaches ont donné une réponse non négative au test comparatif intradermique à la tuberculine. Elles ont été envoyées directement à l'abattoir pour un diagnostic, et l'exploitation a été placée le jour même sous arrêté préfectoral de mise sous surveillance. Le APDI (Animal Premises Disease Inspection) sera levé le 7 avril.Des vaches issues de troupeaux bretons
Les 94 vaches et leurs veaux provenaient de deux troupeaux bretons qui avaient été cédés en raison de départs à la retraite et de problèmes de santé. Les deux troupeaux se sont adaptés à leurs nouvelles conditions de vie, l'un étant arrivé une semaine avant la fin du APDI et l'autre le jour même. Lactalis a accepté de prendre en charge le lait jeté pendant ces sept jours.Nettoyage et mesures de biosécurité
Pour répondre aux exigences réglementaires permettant de lever le APDI, l'exploitation a subi un nettoyage et une désinfection approfondis, notamment l'épandage de 5 tonnes de chaux par hectare. Le Gaec a également mis en place des mesures de biosécurité, comme la clôture des prairies, des zones humides et des points d'eau naturels. L'administration est intervenue sur certains aspects, comme l'enlèvement de la croûte de fumier au fond de la fosse en géomembrane, ce qui a demandé une approche ferme de la part des producteurs.Une exploitation qui se transforme
Après la levée du APDI, l'exploitation est passée de logettes paillées et d'une salle de traite à 90 stalles et deux robots. Les associés ont travaillé sans relâche pour adapter les vaches au nouveau système, certaines d'entre elles hésitant encore à se coucher dans les stalles. La ferme utilise également un complexe bactérien et enzymatique pour prévenir une éventuelle colonisation par des germes pathogènes. La qualité du lait s'est nettement améliorée, le taux de cellules somatiques passant de 2 253 000 à 160 000.Indemnisations et soutien reçus
Le Gaec a reçu une indemnisation de l'État pour les trois mois sans production laitière, calculée sur la base du prix du lait de novembre 2025, supérieur de 30 à 40 euros par 1 000 litres à celui du premier trimestre 2026. L'État a également pris en charge les coûts liés au repeuplement de l'exploitation, avec un plafond pour certaines dépenses. Les laiteries ont fait preuve de solidarité en suspendant les collectes pendant six mois. Les associés évaluent encore l'impact à long terme de cette crise sanitaire, les économies réalisées lors de la flambée du prix du blé en 2022 pouvant constituer un coussin en cas de nouveaux problèmes.