Dans son ouvrage Le fabuleux piano, la journaliste Sonia Devillers, qui travaille pour France Inter, explore les aspects méconnus de la manière dont l’Allemagne nazie a ciblé la musique pendant la Seconde Guerre mondiale. Le livre s’intéresse aux efforts systématiques déployés par le régime allemand pour confisquer partitions et instruments de musique, souvent saisis auprès de musiciens et d’institutions juives. Ces mesures s’inscrivaient dans une politique plus large visant à exclure les Juifs de la vie culturelle et à étouffer les expressions identitaires ne correspondant pas à l’idéologie nazie. L’œuvre de Devillers met en lumière le fait que la musique n’était pas seulement un moyen d’expression artistique, mais aussi un outil de résistance et de survie pour beaucoup pendant la guerre. Elle analyse comment des musiciens juifs, malgré les restrictions qui leur étaient imposées, ont trouvé des moyens de continuer à se produire et à préserver leur héritage en secret. Dans certains cas, ils ont utilisé la musique comme un instrument de résilience, créant un sentiment de normalité et de communauté face à la persécution. Le livre éclaire également les relations complexes entre musique et pouvoir, illustrant comment les nazis ont cherché à contrôler la production culturelle afin de renforcer leur domination politique. En excluant les compositeurs et musiciens juifs de la vie publique, ils visaient à effacer une partie essentielle de l’histoire culturelle européenne. Les recherches de Devillers révèlent à quel point la musique a été à la fois une cible de l’oppression et un symbole de défi. Le fabuleux piano se présente à la fois comme un récit historique et un hommage au pouvoir intemporel de la musique. Grâce à son analyse minutieuse, Devillers met en lumière les histoires de ceux qui ont lutté pour maintenir la musique en vie durant l’une des périodes les plus sombres de l’histoire, soulignant son rôle de force unificatrice en temps de crise.