Pause pédagogique annulée

Léo, étudiant en deuxième année de mathématiques à l'université Paris 8 à Saint-Denis, s'est dit frustré après avoir appris que sa pause universitaire, prévue à partir de vendredi, avait été annulée. Cette décision intervient après près de trois semaines de fermeture administrative due aux blocages et à l'occupation par des militants.

L'université veut rattraper le temps perdu

Deux de ses enseignants ont annoncé ce changement après la réouverture de l'université mardi matin, dans le but de rattraper le temps d'enseignement perdu pendant la mobilisation. En mathématiques, les cours n'avaient pas été assurés à distance : les étudiants n'ont reçu que quelques feuilles de cours et une seule feuille d'exercices en trois semaines.

Certains étudiants se sentent pénalisés

Certains étudiants non mobilisés estiment être pénalisés deux fois : d'abord par les blocages et le refus de l'université de basculer les cours en ligne, puis désormais par l'annulation de la pause. Dans un message envoyé le 8 octobre, le département de mathématiques s'était déjà réservé le droit d'annuler la pause, en indiquant qu'il tenterait de rattraper le temps perdu au milieu ou à la fin du semestre.

Incertitude sur la disponibilité des salles

Les enseignants ont indiqué que la semaine de pause pédagogique (du 26 au 31 octobre) pourrait être utilisée à cette fin. Toutefois, avant de dispenser des cours pendant la pause, les enseignants doivent s'assurer que des salles sont disponibles, ce qui reste incertain. L'université a été brièvement rouverte mardi, mais a de nouveau été bloquée mercredi 21 octobre.

Des étudiants qui se sentent abandonnés

Au cours des trois dernières semaines, les étudiants ont dû consulter leurs courriels chaque jour pour savoir s'ils pourraient revenir le lendemain. Léo a déclaré qu'il s'était senti largement abandonné, soulignant qu'il n'y avait eu qu'une seule visioconférence pour poser des questions, et très peu de contacts en dehors de cela.

L'occupation du campus a causé des dégâts

Pendant l'occupation du campus du 12 au 16 octobre, des militants d'extrême gauche auraient causé des dégâts à l'université. Après des fermetures répétées depuis le 15 septembre en raison de blocages successifs, l'université a subi des intrusions ayant conduit à son occupation et à d'importants dégâts.

L'université fait état de dégâts matériels

Dans un courriel interne partagé sur X par l'économiste Gilles Raveaud le 16 octobre, l'université signalait une hausse des dégâts matériels, notamment des portes cassées, des systèmes de surveillance endommagés et des inscriptions menaçantes visant l'établissement et son personnel. L'université évoquait également des incidents tels que la marche sur les toits, l'accès à des zones techniques dangereuses, l'entrave au travail du personnel de sécurité incendie, le déclenchement d'alarmes et la neutralisation d'extincteurs.

Des agressions signalées

Plusieurs agressions ont par ailleurs été signalées, notamment des violences physiques entre étudiants et des faits pouvant relever de violences sexistes et sexuelles. L'université a déposé plainte après l'occupation, mais n'a pas publiquement condamné ces actes.