La zone réservée de l'agence spatiale française en Guyane est devenue un sanctuaire accidentel pour les jaguars, offrant un aperçu d'une réussite de conservation involontaire.
Un sanctuaire pour les jaguars en Guyane
Une vaste zone de la forêt guyanaise, interdite d'accès aux humains depuis plus de cinquante ans en raison de la présence du Centre spatial guyanais (CSG), est devenue, sans l'avoir voulu, un sanctuaire pour les jaguars, l'un des plus grands prédateurs d'Amérique du Sud.Historique de la zone interdite
Ce territoire, appartenant à l'agence spatiale française, le CNES, et utilisé comme site de lancement des fusées Ariane, a été créé en 1968, après que la France eut perdu son précédent site de lancement en Algérie. La zone interdite, dont certaines sources estiment la superficie à environ 66 000 hectares, voire jusqu'à 75 000 hectares, a initialement été sécurisée pour des raisons de sécurité et de confidentialité technique, et non pour la préservation de l'écosystème.Une faune florissante
L'absence de chasse humaine dans la zone a permis aux espèces proies, comme les pacas, les tapirs et les pécaris, de prospérer, ce qui a à son tour attiré un nombre important de jaguars. Bien qu'aucune étude scientifique complète n'ait permis de quantifier la population de jaguars, les observations et les témoignages laissent penser que l'espèce est très concentrée dans la région.L'isolement comme facteur de protection
L'isolement de la zone, imposé par des mesures de sécurité et des restrictions de navigation lors des lancements de fusées, a créé un environnement où les jaguars peuvent vivre sans la menace de l'intrusion humaine ni la pression de la chasse. Le CNES n'a pas délibérément créé une réserve naturelle, mais le résultat est un modèle de conservation qui a permis aux jaguars de prospérer.Une réussite de conservation involontaire
Ce sanctuaire accidentel soulève des questions sur l'efficacité des démarches traditionnelles de conservation et sur la possibilité que d'autres zones bénéficient de protections involontaires similaires. La zone interdite du CSG, bien que n'ayant pas été conçue comme une réserve écologique, en est devenue une par hasard, illustrant un équilibre inattendu entre exploration spatiale et préservation de la faune.