Des parents d'enfants victimes de pesticides confrontent les eurodéputés au projet de déréglementation, exigeant des protections plus strictes et des politiques axées sur la santé.
Des parents réclament des règles plus strictes sur les pesticides
Le 19 octobre, des parents d'enfants exposés aux pesticides se sont réunis à Strasbourg pour présenter une déclaration commune au Parlement européen. Ils ont mis l'accent sur le paquet législatif « Omnibus », qui pourrait affaiblir la réglementation des pesticides, et ont partagé des témoignages personnels sur les conséquences de l'exposition pour leurs familles.Des témoignages qui mettent en lumière les risques sanitaires
Sabine Grataloup, mère de Théo, dont le fils est né avec de graves malformations liées à une exposition au glyphosate pendant la grossesse, a évoqué la difficulté de rassembler plus de 1 000 pages de données scientifiques. Franck Rinchet-Girollet, dont le fils Elliot a reçu un diagnostic de cancer des os à l'âge de deux ans, a déclaré qu'il ne pouvait pas garantir que de telles épreuves ne se reproduiraient pas et a juré de ne pas garder le silence.Des modifications proposées qui suscitent des inquiétudes
Le paquet législatif « Omnibus », actuellement examiné par la Commission européenne, comprend des propositions visant à autoriser des périodes d'homologation illimitées des pesticides, à faciliter la pulvérisation par drones et à simplifier les prolongations d'autorisation pour les substances dangereuses. Les critiques affirment que ces changements pourraient affaiblir le cadre réglementaire européen et nuire à la santé publique.Des solutions alternatives proposées
En réponse, une coalition a proposé les « Ordonnances vertes », qui prévoient des prescriptions par des professionnels de santé, des ateliers de sensibilisation à l'exposition aux produits chimiques et des paniers de produits biologiques adaptés aux ressources des bénéficiaires. Martin Rieussec-Fournier et le docteur Alexandre Feltz ont insisté sur le fait que la prévention de l'exposition des enfants dès la naissance doit être une priorité absolue en Europe.Un mouvement plus large en faveur du changement
Cette mobilisation s'inscrit dans une campagne plus vaste, notamment « l'Odyssée pour notre santé », une épreuve cycliste de 1 200 kilomètres partie de Gouzeaucourt le 10 octobre. L'événement traversera cinq pays avant d'atteindre Genève le 29 octobre. La conférence au Parlement européen est l'une des quinze étapes consacrées à la prévention et aux droits des victimes.Appuis scientifiques et revendications politiques
Le mouvement s'appuie sur des études scientifiques, notamment la recherche menée par l'Inserm en 2021 sur les pesticides, l'étude Géocap-Agri sur les cancers pédiatriques, ainsi qu'un rapport publié en 2025 par Santé publique France sur l'évolution des cancers chez les adolescents et les jeunes adultes. La coalition demande une transformation des politiques agricoles et alimentaires, notamment la sortie progressive des pesticides et le développement de l'offre de produits biologiques dans les écoles et les marchés publics.