Un agriculteur basque, dont la fille est morte d'une tumeur au cerveau, témoignera contre les politiques sur les pesticides au Parlement européen.
Un agriculteur témoigne contre les lois sur les pesticides
Édouard Exilard, un agriculteur basque dont la fille est morte d'une tumeur au cerveau, doit s'exprimer devant les eurodéputés le 19 octobre au sujet de la réglementation sur les pesticides. Son témoignage s'inscrit dans les discussions autour du projet Omnibus X, une proposition de loi qui assouplirait les restrictions applicables à certains pesticides et réduirait la fréquence de réévaluation d'autres produits.Détails du projet Omnibus X
La proposition de loi permettrait d'utiliser certains pesticides sans limites et ferait passer la fréquence de réévaluation d'autres produits à une fois tous les 25 ans. Actuellement, le droit européen impose ces réévaluations tous les dix à quinze ans.Parcours et motivations d'Exilard
Exilard exploite une ferme biologique de 45 hectares au Pays basque, où il élève près de 400 moutons. Il s'est converti à l'agriculture biologique en 2011, après le décès de sa fille de 7 ans, survenu à la suite de complications d'une opération d'une tumeur au cerveau. Il rejoindra un groupe de six autres parents, médecins et responsables publics pour présenter son dossier.Appui scientifique aux inquiétudes sur les pesticides
Exilard affirme que l'exposition aux pesticides pendant la grossesse ou pendant l'enfance augmente le risque de cancer chez les jeunes. Cette affirmation s'appuie sur une bande dessinée publiée en 2026 par la toxicologue Laurence Huc, intitulée Pesticides — Leurs effets sur la santé des enfants. En 2021, l'Inserm, un institut français de santé publique, a également constaté un lien fort entre l'exposition aux pesticides et des cancers de l'enfant, comme la leucémie et les tumeurs cérébrales.Critiques des politiques actuelles et de l'agriculture biologique
Exilard estime que les lois actuelles sont trop laxistes et que la préoccupation du public n'est pas assez forte. Il affirme que l'agriculture biologique peine en raison du manque de soutien politique et de difficultés financières. En France, la surface consacrée à l'agriculture biologique a diminué, et le soutien au secteur a été réduit en 2025.Efforts financiers et politiques d'Exilard
Il reproche aux agriculteurs conventionnels de son village d'éviter le débat. Malgré le prix plus élevé des produits biologiques, il affirme que ses revenus ne suffisent pas à faire vivre sa ferme. Pour y remédier, il rénove sa maison afin d'y accueillir des touristes à la ferme et, éventuellement, des adolescents confiés à l'Aide sociale à l'enfance (ASE).Cancer Colère et lobbies des pesticides
Exilard fait partie du collectif Cancer Colère, fondé en 2025 pour relier le cancer aux politiques agricoles. Il a rencontré la fondatrice du groupe, Fleur Breteau, à la télévision, et qualifie les lobbies des pesticides de « mafia ». Il ne croit plus au changement, mais est déterminé à interpeller directement les eurodéputés.