Une journée technique dédiée à la sécurisation de l’eau pour le bétail en période de sécheresse s’est tenue à Labesserette, en Châtaigneraie, ce jeudi 1er octobre. Organisée par Bernard Lacoste, le GDA de Maurs, l’événement s’est déroulé au Gaec de Cazillac et a réuni une dizaine d’éleveurs ainsi qu’un nombre équivalent de jeunes issus de la MFR de Marcolès. Les échanges ont été animés par Laurent Bouscarat, référent eau à la Chambre d’agriculture du Cantal, avec l’appui de Louise Letierce. L’objectif était de prodiguer des conseils pratiques pour gérer les ressources hydriques destinées aux animaux lors des épisodes de sécheresse. En période de forte chaleur, une vache laitière peut consommer jusqu’à 140 litres d’eau par jour, contre environ 115 litres pour une vache allaitante et son veau, et 20 litres pour un mouton à viande. À l’échelle d’un troupeau, 50 vaches laitières peuvent nécessiter jusqu’à 7 000 litres en 24 heures, soit 7 mètres cubes, contre 5 750 litres pour 50 vaches allaitantes. Pour 400 moutons, le besoin atteint 8 000 litres. Bouscarat a souligné l’importance de maintenir les points d’abreuvement à moins de 200 mètres des zones d’alimentation, idéalement à moins de 100 mètres, et de veiller à ce qu’au moins 10 % des animaux puissent boire simultanément. Lorsque la distance atteint 400 mètres, il recommande d’accueillir au moins 20 % du troupeau en même temps. Mesurer le débit d’eau en période de sécheresse est essentiel, car des pénuries imprévues peuvent survenir. Si le débit couvre tout juste les besoins, il est conseillé de prévoir une cuve tampon. La qualité de l’eau doit également être surveillée, avec des analyses bactériologiques recommandées. Un partenariat avec le laboratoire Agrola permet ces analyses, pour un coût compris entre 60 et 70 euros HT. Le choix de l’emplacement des points d’abreuvement mérite aussi une attention particulière. Installer ces points sous un arbre n’est pas recommandé, car les feuilles peuvent obstruer le trop-plein. Autour des abreuvoirs, la consigne est claire : « Pas de boue autour des abreuvoirs. » Côté réglementation, Bouscarat cherche à « déromantiser » le processus, rappelant que 95 % des demandes de captage de source reçoivent un avis favorable. Pour un prélèvement inférieur à 1 000 mètres cubes par an, une simple déclaration en mairie suffit, mais il est aussi conseillé de déclarer le projet à la DDT. Au-delà de 1 000 mètres cubes, une déclaration à la DDT devient obligatoire. Le dossier est généralement accepté si le prélèvement reste limité à l’abreuvement, d’où l’intérêt d’un flotteur. Le forage relève d’une procédure spécifique et plus contraignante, les services de l’État dans le Cantal précisant les règles applicables aux prélèvements d’eau en fonction du volume annuel retiré. Plusieurs solutions existent pour éviter le réseau d’eau potable. Capturer une source ou une zone humide est relativement peu coûteux, mais son débit varie selon les saisons et la ressource reste vulnérable à la pollution. Le forage ou un puits peut offrir davantage d’eau, mais avec un coût de travaux plus élevé et aucune garantie de résultat, même après l’intervention d’un sourcier, qui doit obligatoirement être sollicité. Le prélèvement en rivière est économique et fournit une eau fraîche, mais il nécessite de surveiller les périodes d’étiage et les obstructions. Le prélèvement « dérivé » ne doit représenter que 2 à 3 % du débit, d’où la nécessité d’un flotteur. Autre option : la récupération d’eau de pluie, notamment sur les toits agricoles, qui peut assurer une autonomie en période de sécheresse, mais exige de surveiller la qualité, éventuellement de prévoir une petite station de traitement, et de disposer d’une réserve d’au moins 150 mètres cubes.