Pratiques d'élevage en haute altitude

Victor Duclos, éleveur dans le Cantal, applique une approche singulière du pâturage en altitude, qui associe méthodes traditionnelles et gestion préventive afin d'assurer une lactation régulière de ses vaches. À 990 mètres d'altitude, il suit un système d'élevage sous AOP (Appellation d'Origine Protégée), une dénomination d'origine protégée pour les produits agricoles.

Préparation avant le vêlage

Duclos fait partie des rares éleveurs de la région qui respectent une phase de préparation de trois semaines avant le vêlage. Cette période est essentielle pour gérer la santé et l'alimentation des vaches taries, en particulier pendant la saison de pâturage, lorsque les vêlages sont étalés dans le temps, ce qui rend difficile la préparation de rations spécifiques pour de petits groupes d'animaux.

Pâturage pendant la période de tarissement

Pendant la période de tarissement, toutes les vaches reçoivent un bouchon de trayon et un bolus de vitamines et d'oligo-éléments. Elles sont ensuite conduites sur des prairies naturelles de qualité moyenne, sans complément alimentaire. Cette méthode est considérée comme sûre à condition que de l'herbe de bonne qualité soit disponible à volonté, jusqu'au stade épiaison, afin de couvrir les besoins nutritionnels des vaches et d'éviter les pertes de poids.

Rationnement avant le vêlage

Trois semaines avant le vêlage, les vaches taries sont ramenées à proximité de l'étable afin de faciliter la surveillance et la gestion. Pendant la journée, elles suivent un cycle de pâturage tournant sur des parcelles de 35 ares par vache et par jour. Le soir, elles restent à l'étable avec une ration à base de foin distribuée au râtelier. Ce rationnement permet de maîtriser le Baca (une mesure de la qualité des fourrages) élevé des fourrages utilisés.

Alimentation pendant la phase de préparation

La ration du soir se compose de foin grossier à volonté, auquel s'ajoutent 2 kg d'un aliment contenant 22 % de MAT (une matière azotée totale, soit une teneur en protéines) ainsi qu'un complément minéral spécifique aux vaches taries. Ce régime aide à prévenir les pertes d'état et la cétose chez les vaches qui retournent au pâturage après le vêlage. L'accès au pâturage pendant cette période limite les changements alimentaires et réduit les troubles métaboliques, ce qui favorise une meilleure production laitière et une meilleure persistance de la lactation.

Gestion après le vêlage

Après le vêlage, un bolus de calcium est administré systématiquement à toutes les vaches. De plus, un complément oral de 300 ml de propylène est donné pendant cinq jours à l'ensemble des animaux afin de traiter les cas de cétose subclinique repérés grâce aux analyses de contrôle de performances. Cette conduite contribue à la productivité et à la santé du troupeau.

Performances et efficacité économique

La production laitière moyenne du troupeau, primipares comprises, atteint 33 kg de lait pendant les 100 premiers jours, avec un coût alimentaire de 105 € pour 1 000 litres. Anaïs Velay, conseillère à Cantal Conseil Élevage, souligne que peu d'éleveurs en système de haute altitude prévoient une préparation au vêlage. La méthode de Duclos, sans recours à l'acidification des rations, permet de réduire efficacement les problèmes métaboliques en début de lactation et d'atteindre des niveaux de performance peu fréquents sans une telle préparation.