Les lycéens évoquent souvent le poids de leurs emplois du temps comme l’une de leurs principales préoccupations. Beaucoup déclarent suivre entre 8 et 18 heures de cours par jour, se plaignant d’un manque d’organisation et de la difficulté à gérer des charges de travail aussi lourdes. Les proviseurs, eux, doivent relever le défi de concevoir ces plannings en tenant compte de la disponibilité des enseignants, des salles de classe et des choix variés des élèves. Avec près de 700 élèves, chacun ayant des options différentes, le processus est qualifié de « très complexe ». Olivier Beaufrère, proviseur et secrétaire national du SNPDEN, principal syndicat des personnels de direction de l’Éducation nationale, explique que l’élaboration des emplois du temps implique de nombreux paramètres, ce qui en fait une tâche ardue et chronophage. La création des emplois du temps obéit à des règles strictes. Par exemple, un élève ne peut pas avoir deux cours d’éducation physique dans un délai de 24 heures, et les professeurs de sport sont limités à six heures de cours par jour. Au collège, la journée scolaire est généralement limitée à six heures, mais au lycée, aucune restriction de ce type n’existe, ce qui permet des journées plus longues, parfois de 8 heures à 18 heures. Olivier Beaufrère reconnaît la légitimité des inquiétudes des élèves, mais souligne que s’ils choisissent de ne pas avoir cours le samedi matin, ils doivent assumer leur charge de travail sur le reste de la semaine. Ainsi, s’ils demandent à commencer à 9 heures, ils peuvent se retrouver avec des cours qui s’achèvent à 19 heures. Les établissements utilisent des logiciels comme Pronote pour élaborer les emplois du temps, en intégrant des données telles que le nombre d’élèves, leurs options, la disponibilité des enseignants et celle des salles. Ce processus est compliqué par de nombreux cas particuliers, comme les professeurs à temps plein, les remplaçants, les stagiaires ou ceux dont les horaires varient. Du côté des élèves, la situation n’est pas plus simple : les cours ne sont pas regroupés par option pour favoriser des interactions plus diversifiées, ce qui oblige les élèves à trouver des « créneaux » – des moments où tous les élèves sont disponibles pour leurs matières choisies. Un secrétaire du SNPDEN note que dans son dernier lycée, il a dû planifier 1 400 heures, ce qui a généré des trous dans l’emploi du temps. Les lycéens français affichent le nombre moyen d’heures de cours le plus élevé d’Europe, avec environ 28 heures par semaine, ce qui rend d’autant plus difficile la recherche de salles adaptées, surtout dans les établissements anciens. D’autres contraintes, comme les pauses déjeuner ou les temps de transport, alourdissent encore la tâche. Olivier Beaufrère estime que l’intelligence artificielle pourrait aider à résoudre certaines difficultés liées à l’élaboration des emplois du temps, mais pas toutes. Les premières ébauches sont généralement établies en janvier, lorsque les établissements reçoivent leurs allocations d’heures d’enseignement. Le travail s’intensifie en mai, avec la finalisation des transferts d’élèves. Cependant, l’essentiel de l’organisation se fait pendant l’été, les emplois du temps définitifs étant souvent prêts en septembre, à la veille de la rentrée. Des ajustements continuent d’être apportés dans les lycées, même si tous les élèves ne sont pas satisfaits du résultat final.