La hauteur de la flèche et son importance historique

La flèche de la cathédrale de Strasbourg, achevée en 1439, atteint une hauteur de 142,11 mètres et constitue un élément emblématique de la silhouette de la ville. Toutefois, sa construction a été suivie d'un long et complexe chantier de restauration, qui s'est étendu sur près de deux décennies.

Calendrier du projet de restauration

De 1906 à 1926, des ouvriers ont entrepris une restauration majeure du pilier nord qui soutient la haute tour de la cathédrale. Ce vaste projet a duré près de 20 ans et a été commémoré par la Fondation Notre-Dame le 9 octobre 2026, à l'occasion de son centenaire.

Le déclencheur de la restauration

La restauration a été motivée par une fissure découverte en 1902-1903 sur le premier pilier de la nef, côté nord. Cela survenait peu après l'effondrement du clocher de Venise en 1902, qui avait suscité des inquiétudes quant à la stabilité des structures élevées, telles que la flèche de Strasbourg.

Analyse structurelle et constats

En 1907, des fouilles et des analyses ont révélé un défaut d'environ 20 cm sous une partie du pilier, ainsi que des bois du XIe siècle largement dégradés. La tour, édifiée entre 1399 et 1439, reposait sur des fondations datant du XIe siècle, qui n'avaient pas été conçues pour supporter une structure aussi lourde.

La solution en béton armé

Un corset en béton armé, doté de 650 barres d'acier, a été construit autour du pilier pour le soutenir pendant les travaux de fondation. Cette technique, mise au point par l'ingénieur français Hennebique, a permis d'enserrer le pilier et de remplacer les fondations médiévales par une nouvelle assise en béton.

Structures de soutien et méthodes de construction

Pour soutenir l'excavation, des piliers en béton armé de 12 mètres de haut ont été édifiés autour des fondations. Les travaux ont été menés par sections, à l'aide de 8 vérins hydrauliques destinés à répartir le poids de la tour pendant le remplacement des fondations.

Achèvement et personnages clés

Les travaux de restauration se sont achevés en juin 1925, tandis que le démontage du corset en béton armé a eu lieu en 1925-1926. Johann Knauth, l'architecte d'origine, a été écarté avant la fin du projet et est décédé en 1924, deux ans avant l'achèvement officiel des travaux.

Coût et héritage

L'ensemble du projet a coûté 3 444 000 anciens francs, soit environ 2 450 379 euros aujourd'hui. Cette dépense a été répartie sur 20 ans, soit en moyenne environ 122 000 euros par an. Le chantier est resté largement invisible du public, puisqu'il s'est déroulé sous terre.

Célébration du centenaire et mémoire historique

Le 9 octobre 2026, la Fondation Notre-Dame a organisé une exposition et des visites guidées en français, en allemand et en anglais. La cathédrale était ouverte aux visiteurs, et l'événement a mis en lumière la collaboration internationale qui a rendu la restauration possible. Aujourd'hui, une petite figure représentant Knauth se trouve à la base du second pilier nord, symbolisant son rôle dans le projet.