Proposition jacobine de démolir la flèche

En novembre 1793, le club jacobin demanda la démolition de la flèche de la cathédrale de Strasbourg. La motion, proposée par un officier municipal nommé Téterel, ne fut pas adoptée dans son ensemble par les élus.

Les archives historiques confirment la motion

Selon l'historien Rodolphe Reuss, les procès-verbaux de la réunion jacobine cités dans son ouvrage de 1888 sur la cathédrale pendant la Révolution confirment la motion. Le 25 novembre, un arrêté des commissaires de la Convention ordonna à la municipalité de faire abattre dans la semaine les statues de pierre qui entouraient le Temple de la Raison.

La cathédrale transformée en Temple de la Raison

La cathédrale avait été convertie en Temple de la Raison à l'automne 1793 et ne servait plus de lieu de culte actif. Les élus ne soutinrent pas la démolition de la flèche, en raison de considérations budgétaires et du désir de conserver l'édifice comme symbole révolutionnaire.

Un bonnet rouge en métal posé sur la flèche

Au lieu de démolir la flèche, un bonnet rouge en tôle de plus de 10 mètres de haut fut placé à son sommet en juin 1794. Cette décision reposait sur la portée symbolique du bonnet phrygien, utilisé comme emblème révolutionnaire depuis mai 1790, et devenu la coiffure officielle du conseil municipal de Paris en novembre 1793.

Installation et retrait du bonnet

L'installation du bonnet est consignée dans le procès-verbal de la réunion jacobine, daté du 23 floréal au 5 prairial an II (12 mai au 13 juin 1794). Le coût du bonnet et de quatre guirlandes s'élevait à 2 991 livres 68 sous, comme l'indique une délibération du 9 thermidor an II (27 juillet 1794), jour de la chute de Robespierre.

Tradition locale et sort du bonnet

Une tradition locale attribue l'idée à un serrurier et officier municipal, Jean-Michel Sultzer, dont le buste est exposé au 24 place de la Cathédrale. Le bonnet fut surnommé « Kàffeewärmer » (chauffe-café) en alsacien. Il fut conservé parmi les curiosités historiques de la ville au Temple-Neuf jusqu'à un incendie survenu le 24 août 1870, pendant la nuit du bombardement allemand.

Le bonnet conservé et son héritage

Le bonnet fut plus tard perdu dans les flammes. Un bonnet conservé se trouve toutefois aujourd'hui au Musée historique de Strasbourg, où il ornait le bureau d'une section du club jacobin en 1793. Le bonnet phrygien demeure un symbole de la France, porté par Marianne, l'allégorie nationale de la France.