Des élèves français manifestent contre les conditions scolaires, liées à la hausse des problèmes de santé mentale, les filles étant plus touchées par la pression scolaire et les inégalités sociales.
Les manifestations étudiantes mettent en lumière les questions de santé mentale
Des dizaines de milliers de lycéens et d'étudiants en France se mobilisent depuis la mi-septembre 2026 pour réclamer de meilleures conditions d'enseignement, notamment davantage de remplaçants, des emplois du temps mieux adaptés, une amélioration des infrastructures scolaires et une réforme du système d'affectation dans l'enseignement supérieur, appelé Parcoursup. Ces mobilisations traduisent des inquiétudes plus larges concernant la pression scolaire et ses effets sur la santé mentale.La hausse des troubles psychiques chez les jeunes
Des études montrent que les difficultés psychologiques des collégiens et des lycéens en France se sont aggravées, en particulier depuis la fin de la pandémie de Covid-19. Selon l'enquête EnClass menée en 2024, 45 % des collégiens déclarent au moins une plainte psychologique, comme la dépression, l'irritabilité ou la nervosité, plus d'une fois par semaine pendant au moins six mois.Des taux plus élevés chez les filles et les jeunes adultes
Les filles sont plus susceptibles que les garçons de signaler une détresse psychologique, et ces taux augmentent avec l'âge. Parmi les lycéens, 19 % présentent un risque élevé de dépression, et 20 % ont eu des pensées suicidaires au cours de l'année écoulée. Les jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans font également état de taux plus élevés de dépression, d'anxiété et de pensées suicidaires que les autres tranches d'âge.Accès aux soins en santé mentale et taux d'hospitalisation
Les données sur les soins en santé mentale montrent que les jeunes ont de plus en plus recours aux urgences pour des gestes auto-infligés, y compris des tentatives de suicide. Les taux d'hospitalisation pour ce type d'incidents ont augmenté depuis 2021, les taux les plus élevés concernant les filles âgées de 11 à 17 ans et les jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans.Conditions scolaires et pression académique
Les élèves français déclarent subir une forte pression scolaire, notamment en raison du système Parcoursup, qui repose sur les notes obtenues au lycée. Cette pression est liée aux problèmes de santé mentale, les élèves se sentant mal préparés à l'avenir et peu soutenus par leurs enseignants. Les enquêtes montrent qu'une part moins importante d'élèves français se sentent soutenus par leurs professeurs, comparée à la moyenne internationale.Effectifs des classes et soutien des enseignants
Le nombre d'élèves par classe, toutes filières confondues et dans les lycées technologiques, est passé de 27 en 1990 à plus de 30 en 2023. Associé au manque de remplaçants et à la formation insuffisante de certains personnels, ce phénomène a contribué à un environnement d'apprentissage stressant. Les élèves signalent également davantage de bruit et d'agitation en classe que dans d'autres pays.Les défis de l'enseignement supérieur
Beaucoup d'élèves qui obtiennent leur baccalauréat n'accèdent pas à un diplôme universitaire, et l'investissement public de la France dans l'éducation n'a pas suivi l'augmentation du nombre d'étudiants. Il en résulte des ressources moindres pour l'enseignement supérieur et des difficultés à affecter les étudiants dans les universités, ce qui contribue encore au stress et à l'anxiété.Facteurs sociétaux et tendances de long terme
La crise de santé mentale que traversent les jeunes en France est influencée par des facteurs sociétaux plus larges, notamment la hausse de la pauvreté, les inégalités sociales et les effets d'événements mondiaux comme le changement climatique et les conflits. Ces facteurs, combinés au stress scolaire, contribuent à une situation complexe en matière de santé mentale, qui exige une attention et des solutions à long terme.