Des archéologues à Narbonne ont mis au jour un rempart et une tour de l'époque romaine, remettant en cause l'idée que la ville était ouverte sous l'Empire romain.
Un mur romain découvert à Narbonne
Des archéologues de Narbonne, dans le sud de la France, ont mis au jour environ 30 mètres de courtine et une tour circulaire au 15 quai d'Alsace, ce qui remet en question l'idée selon laquelle la ville était ouverte sous l'Empire romain. La découverte a été faite lors d'un projet d'archéologie préventive exigé par le service régional de l'archéologie de Drac Occitanie.Calendrier des fouilles et objectif
Les fouilles ont débuté en août 2023 et devraient se poursuivre jusqu'au printemps 2024. Le site, situé à la limite du centre historique de Narbonne, avait été retenu pour un futur projet immobilier résidentiel par Groupe SM et Vinci Immobilier.Détails de la structure et parallèles romains
La courtine remonte aux dernières décennies du Ier siècle avant notre ère. La tour circulaire repose sur des fondations carrées, une conception probablement destinée à assurer la stabilité. Ses dimensions et l'épaisseur de ses murs correspondent aux normes romaines observées dans des villes comme Orange, Lyon et Autun.Remise en cause des hypothèses historiques
Les historiens pensaient autrefois que Narbonne ne possédait pas de fortifications, mais cette découverte suggère que la ville était entourée de remparts à l'époque romaine. Les fouilles ont également révélé des entrepôts en activité du Ier siècle avant notre ère au IVe siècle de notre ère, ce qui indique une zone de stockage utilisée pendant très longtemps.Datation et chronologie de la construction
L'Inrap, l'organisme qui conduit les fouilles, se montre prudent quant à la date exacte du mur. Il remonterait probablement aux dernières décennies du Ier siècle avant notre ère, sous le règne d'Auguste ou juste avant. Cela suggère que la ville s'est d'abord développée, puis a construit son rempart lorsqu'elle en a eu les moyens et la volonté.Le patrimoine archéologique de Narbonne
Cette découverte s'ajoute à la longue histoire archéologique de Narbonne, qui compte plus de 150 opérations depuis les années 1990. Le site du quai d'Alsace montre que l'aménagement et la préservation peuvent coexister. L'Inrap a signé un partenariat avec la ville de Narbonne en septembre 2025 pour mettre en valeur ce type de collaboration. Les structures mises au jour lors de ces fouilles sont généralement retirées après documentation ; les détails doivent donc être confirmés auprès des autorités locales et de l'Inrap.