Le lundi de cette semaine, l’euro est passé sous la barre des 1,12 dollar, atteignant son plus bas niveau depuis mai 2025. Les principales devises ont gagné du terrain face à l’euro la semaine dernière, la monnaie européenne continuant de se déprécier. Un dollar fort n’explique pas à lui seul ce recul généralisé, car la faiblesse de l’euro provient en grande partie de la zone euro elle-même. L’Europe important la majorité de son énergie, libellée en dollars, cela accroît la demande pour la devise américaine et contribue à l’inflation, actuellement à 3,8 %. Deux causes immédiates expliquent cette baisse de l’euro. D’abord, la Banque centrale européenne (BCE) adopte une approche prudente, ayant relevé ses taux à deux reprises depuis juin tout en prônant une « réponse mesurée ». Les investisseurs ont revu à la baisse leurs anticipations d’une hausse des taux en octobre, la probabilité passant de 60 % à 18 %, tandis que celles pour décembre restent à 73 %. Ensuite, les inquiétudes autour de la dette française se sont intensifiées, l’écart de rendement entre la France et l’Allemagne ayant augmenté de 0,34 point en cinq séances, pour atteindre près de 1,41 point vendredi. Le budget français sera examiné par le Parlement à partir du 13 octobre. Trois issues potentielles pourraient permettre à l’euro de se reprendre : une énergie moins chère, une stabilisation de la dette française ou un affaiblissement du dollar. Cette troisième option a été testée vendredi, lorsque l’économie américaine n’a créé que 29 000 emplois, sans que le dollar ne recule pour autant. Les achats hivernaux s’effectuent désormais dans un contexte de faiblesse persistante de l’euro. L’euro a franchi des seuils clés face au dollar, avec la perte du niveau de 1,13 la semaine dernière et le plancher annuel de 1,1216 atteint ce lundi. Le taux est même descendu jusqu’à 1,116 pendant les échanges en Asie. Les prochains obstacles se situent à 1,11 et 1,10. Ce recul ne se limite pas au billet vert : l’euro s’est aussi affaibli face au franc suisse, à la livre sterling et au dollar canadien. Il s’échange actuellement autour de 0,929 franc suisse, 0,846 livre sterling et 1,5714 dollar canadien. Le dirham des Émirats arabes unis, indexé sur le dollar depuis 1997, reflète la baisse de l’euro : un euro vaut désormais environ 4,10 dirhams, contre 4,13 vendredi. Cela a des répercussions sur les voyages et les achats aux Émirats. Plusieurs événements économiques marquants sont attendus cette semaine : la publication des minutes de la réunion de septembre de la BCE jeudi, celles de la Réserve fédérale mercredi soir, et les premiers commentaires officiels de Philip Lane, économiste en chef de la BCE, sur les chiffres de l’inflation de vendredi. Par ailleurs, le rapport ISM sur les services de septembre est attendu le 5 octobre, avec un consensus dispersé entre 55,1 et 55,7 points, après une lecture précédente à 55,4. Les prix du pétrole restent une source d’inquiétude, OPEP+ n’ayant pas ajusté ses objectifs de production et le détroit d’Ormuz restant fermé en raison des tensions avec l’Iran. La perspective d’une énergie moins chère, l’une des solutions envisagées pour sortir de la faiblesse de l’euro, ne semble donc pas se dessiner à court terme.