SNEL cherche des investissements et une restructuration de sa dette

La Société nationale d'électricité (SNEL) de la République démocratique du Congo (RDC) cherche de nouveaux investissements et une restructuration de sa dette afin d'améliorer sa situation financière et de renforcer l'approvisionnement en électricité. Selon une déclaration du directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, la société a engagé des discussions avec six institutions financières internationales, dont JPMorgan, HSBC, Standard Chartered, Absa Group, Dubai Islamic Bank et la Banque d'import-export de l'Inde (EXIM Bank of India), afin d'explorer des solutions de restructuration de la dette et de mobiliser des financements pour des projets de production et de transport d'électricité. Ces discussions se sont tenues le 21 octobre 2026 à Dubaï, aux Émirats arabes unis, lors d'une réunion organisée en partenariat avec Invest Africa.

La dette de la SNEL

La situation financière de la SNEL reste difficile, avec une dette estimée à plus de 3 milliards de dollars, selon les données du Pacte national sur l'énergie publié en 2025. La dette financière représente environ 75 % de cet encours, tandis que les dettes commerciales, les dettes fiscales et les dettes sociales représentent respectivement 13 %, 11 % et 0,3 %. Au sein de la dette financière, les engagements liés aux contrats miniers et ceux envers les institutions financières multilatérales représentent respectivement 42 % et 58 %.

Les projets de restructuration du gouvernement

Le gouvernement congolais s'est engagé à restructurer les dettes financières et commerciales de la SNEL, qui représentent ensemble environ 88 % de son encours. Parmi les options proposées figure le rachat d'une partie de la dette intérieure par des partenaires techniques et financiers. Une étude sur cette restructuration devrait être achevée d'ici la fin de 2026, la société visant à couvrir intégralement ses coûts d'exploitation d'ici 2029. Toutefois, l'avancement de cette étude et les montants concernés par la restructuration restent flous.

Les défis en matière d'infrastructures

Au-delà de la dette, la situation financière de la SNEL est également affectée par les difficultés de recouvrement des créances et par la nécessité d'entretenir ses infrastructures. Les discussions de Dubaï ont également porté sur les possibilités de financement du portefeuille d'infrastructures électriques de la SNEL, notamment les projets hydroélectriques, les projets solaires photovoltaïques, le stockage par batteries, les interconnexions régionales, les réseaux de transport et le comptage numérique.

Les grands projets hydroélectriques

Trois projets hydroélectriques ont été présentés comme opportunités d'investissement : Luapula, d'une capacité estimée à 800 MW pour un coût de 1,68 milliard de dollars ; Kibombo, de 246 MW pour 662 millions de dollars ; et Wanie Rukula, de 688 MW pour 3,4 milliards de dollars. Ces trois projets représentent une capacité cumulée de 1 734 MW et un investissement prévu de 5,742 milliards de dollars. Invest Africa fait également état d'un portefeuille d'environ 4 milliards de dollars de projets solaires photovoltaïques, ainsi que de besoins d'investissement dans les infrastructures de transport, les interconnexions transfrontalières et les compteurs intelligents.

Le potentiel des partenariats public-privé

Les discussions ont mis l'accent sur le potentiel des partenariats public-privé (PPP) pour soutenir le développement de ces infrastructures. Toutefois, les montants présentés correspondent à des estimations d'investissement et ne représentent pas des financements déjà mobilisés. La SNEL cherche à réduire le poids de ses engagements financiers actuels tout en attirant de nouveaux capitaux pour développer ses capacités de production et de transport. La réalisation de ces ambitions dépendra de l'issue des discussions avec les institutions financières, de la structuration des projets et de la conclusion éventuelle d'accords de financement.