De nouvelles études suggèrent que le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) pourrait principalement relever d’un problème de « concentration soutenue », plutôt que d’un déficit d’attention. Cette nuance pourrait modifier la façon dont ce trouble est compris. Awais Aftab, psychiatre américain ayant étudié pendant plusieurs années les mécanismes du TDAH, déclare dans le New York Times qu’il rencontre « de plus en plus de personnes qui viennent chercher de l’aide pour un ensemble de difficultés bien connu. Elles ont du mal à rester concentrées. Elles oublient souvent des choses. Elles souffrent de désorganisation, d’agitation et d’impulsivité. Elles ont des difficultés à gérer des tableaux Excel et des notes de service, à faire la lessive et à préparer les repas, à se rendre à leurs rendez-vous et à respecter les échéances. En d’autres termes, à faire face aux exigences de la vie quotidienne. »
En France, le TDAH touche 6 % des enfants scolarisés et 2,5 % des adultes, selon l’association HyperSupers TDAH France. Ces dernières années, le nombre de diagnostics a augmenté, et les prescriptions de psychostimulants ont progressé de 154 % en cinq ans. Cela a suscité un débat houleux, certains évoquant même une « épidémie » de TDAH. Une question se pose : la profession médicale a-t-elle enfin reconnu un trouble longtemps négligé ? Ou ce diagnostic est-il devenu trop large ?
Une étude publiée en 2025 dans la revue Cell a tenté d’éclaircir cette question. Elle a examiné comment les médicaments stimulants, comme le Ritalin, influencent le fonctionnement des circuits cérébraux chez l’enfant. Les résultats ont montré que ces traitements agissent sur les connexions neuronales liées à la saillance, à la récompense et à l’excitation. Aucune modification notable n’a été détectée dans les réseaux cérébraux liés à l’attention, que l’enfant soit atteint de TDAH ou non. Pour les scientifiques étudiant notre matière grise, l’attention se résume à l’amplification sélective des informations pertinentes. Elle peut être mesurée en évaluant la capacité d’une personne à ignorer les informations non pertinentes ou à détecter une cible cachée parmi des distractions.
Les caractéristiques du TDAH peuvent varier d’une personne à l’autre. Elles incluent l’incapacité à se concentrer sur une tâche, la perte du fil d’une conversation ou l’oubli des consignes. Mais pour Awais Aftab, il s’agit plutôt d’échecs de « concentration soutenue ». « Si l’attention consiste à diriger l’esprit vers ce qui est pertinent à un moment donné, l’engagement cherche à maintenir ce faisceau lumineux concentré sur la même cible dans la durée », explique-t-il. « Cela pourrait moins concerner la capacité à filtrer les distractions qu’à savoir si la tâche est perçue par le cerveau comme méritant d’être accomplie en priorité. »
Ainsi, les résultats de 2025 montrent que les médicaments peuvent donner l’impression d’améliorer l’attention et la concentration. En réalité, ils pourraient surtout rehausser l’importance perçue de certaines activités banales, incitant le cerveau à accorder plus de valeur à des tâches comme les devoirs de mathématiques ou la lessive. Ce n’est pas la première fois que la science remet en question l’idée que le TDAH est un déficit d’attention. Dans les années 1990, une expérience proposait à des enfants hyperactifs de choisir entre une petite récompense immédiate ou une récompense plus importante reçue plus tard. Les enfants optaient pour la première option lorsqu’elle mettait fin à l’expérience plus tôt. En d’autres termes, le problème ne résidait pas nécessairement dans leur incapacité à attendre, mais plutôt dans leur aversion à l’attente elle-même.
Considérer l’attention comme le cœur du TDAH pourrait nuire à certains patients. Les personnes confrontées à l’ennui, à l’instabilité émotionnelle ou à l’incapacité à démarrer un projet sans la pression d’une échéance pourraient ne pas être diagnostiquées, même si elles souffrent de ce trouble. Bien que la recherche progresse dans la compréhension du cerveau, des zones d’ombre subsistent. Les chercheurs reconnaissent que de nombreuses voies cérébrales pourraient influencer les difficultés de concentration. « Les recherches sur les causes et les traitements du TDAH mettent davantage en lumière des problèmes de contrôle des impulsions et de motivation qu’une capacité déficiente à prêter attention », souligne le psychiatre. Le cas du TDAH illustre comment la médecine peut faire évoluer sa compréhension d’un trouble à mesure que de nouveaux résultats émergent.
Une nouvelle étude remet en cause la compréhension traditionnelle du TDAH
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Slate.fr



