Une collaboration entre le photographe François Pache et le poète Sashi Zaifi explore la beauté, la politique et l'exil du Pamir à travers 90 photos et 16 poèmes, publiés en novembre.
Un livre associant photos et poèmes
Un livre réunissant des photographies de François Pache et des poèmes de Sashi Zaifi doit paraître en novembre. Le projet explore la représentation de la région du Pamir, la fiabilité du regard d'un photographe occidental et les liens complexes entre la photographie et la réalité.Des poèmes sur la séparation et la mémoire
Les poèmes du livre évoquent les souvenirs d'un pays dont Zaifi est séparé. Mêlant résonance poétique, thèmes de l'exil et réflexion politique, ils offrent un contrepoint personnel et émotionnel au récit visuel des photographies.L'évolution du regard du photographe
François Pache découvre le Pamir en 2023 et y retourne en 2025 avec un regard nouveau, influencé par son passage à l'École nationale supérieure de la photographie d'Arles. Ses photographies portent désormais un regard plus critique sur le regard occidental posé sur les cultures lointaines, ainsi que sur le risque d'idéalisation présent dans son propre travail.Une collaboration entre un photographe et un barde
Sashi Zaifi, un barde pamiri qui a fui vers l'Europe en 2022, a écrit 16 poèmes inspirés par les 90 photographies de Pache. Présentés à la fois dans leur version originale et en traduction française, les poèmes réfléchissent à la beauté du Pamir, à l'expérience de l'exil et aux réalités politiques de la région.La structure et les thèmes du livre
Le livre est organisé en sept sections de récit visuel, chacune explorant différents aspects du Pamir : ses paysages, ses dynamiques politiques, sa jeunesse et l'expérience de l'hospitalité. La mise en page permet à la fois une harmonie et un contraste entre les photographies et les poèmes.La genèse du projet
François Pache explique que le projet est né du désir de créer un dialogue entre ses photographies et la poésie de Zaifi. Sa deuxième visite au Pamir, en 2025, a approfondi ses interrogations sur la justesse du regard occidental porté sur des cultures étrangères et sur la nécessité d'un troisième regard pour compléter ses images.Le photographe et le barde en exil
Sashi Zaifi a quitté le Pamir en 2022 sous la pression des services de renseignement, qui cherchaient à faire taire sa voix artistique et politique. Il décrit le projet comme une expression modeste mais significative de la vie en exil, et a travaillé en étroite collaboration avec Pache pour accorder ses poèmes aux photographies.Un effort de traduction collaboratif
La plupart des poèmes de Zaifi ont été écrits en russe et en shughni, la langue principale du Pamir. La traduction a été réalisée via l'anglais par le fils de Zaifi et par Pache, avec des vérifications supplémentaires effectuées par des locuteurs français-russe et français-shughni afin d'assurer l'exactitude et la finesse culturelle du texte.Un changement de regard entre les deux visites
Le regard de Pache sur le Pamir a évolué entre ses deux visites. En 2023, il était captivé par la beauté de la région ; en 2025, il en a perçu davantage les complexités, influencé par son passage dans une école d'art. Ce changement est visible dans une photographie de nuit représentant un soldat près de la frontière, que Zaifi a modifiée pour refléter sa propre expérience de l'exil.Les dimensions politiques et poétiques du livre
Le livre propose une double lecture : il restitue, par ses photographies et sa poésie, les dures réalités de la vie dans le Pamir, tout en soulignant la nécessité d'un regard plus juste et plus respectueux sur la région. Certains poèmes sont profondément politiques, d'autres sont oniriques et métaphysiques, reflétant la formation de Zaifi en philosophie et en journalisme.Un projet de niche édité de manière indépendante
En raison de la nature de niche du livre, qui mêle des éléments documentaires, poétiques et humanistes, les éditeurs traditionnels ont hésité à le publier. Pache a donc créé sa propre marque d'édition et lancé une campagne de financement participatif pour imprimer 500 exemplaires, avec un prix visé de 28 euros afin de le rendre plus accessible.