Le port de Cotonou, au Bénin, s’adapte aux évolutions régionales en diversifiant ses routes commerciales et ses marchés. Traditionnellement, ce port dépendait fortement d’un nombre limité de corridors de transport, ce qui le rendait vulnérable aux changements géopolitiques dans la région. Pour y remédier, il étend désormais sa portée vers de nouveaux marchés, comme le Burkina Faso, le Nigeria et le Tchad, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis d’un seul pays. Cette stratégie s’appuie sur l’augmentation des flux de marchandises vers le Burkina Faso, devenu un marché majeur depuis 2025. Selon Kévin Potier, directeur commercial du Port autonome de Cotonou (PAC), près d’1 million de tonnes de marchandises – principalement des hydrocarbures – ont transité par le port vers le Burkina Faso l’an dernier. Cette évolution s’inscrit dans une restructuration plus large des activités du port, qui a également vu le Nigeria se hisser à la deuxième place parmi les marchés qu’il dessert.
Le Nigeria profite de la proximité du port de Cotonou, ce qui contribue à désengorger ses propres infrastructures portuaires. Par ailleurs, le Tchad émerge comme un marché potentiel pour le port, Cotonou visant à devenir une porte d’entrée clé pour les marchandises à destination de ce pays enclavé. Les efforts du Tchad pour diversifier ses routes d’approvisionnement ont conduit à un engagement accru avec les ports côtiers, notamment après la visite d’une délégation du Conseil des transporteurs tchadiens à Cotonou en 2025. Malgré ces nouvelles orientations, le Niger conserve un rôle dans les opérations du port. Toutefois, la nature des échanges a évolué : le Niger exporte désormais ses hydrocarbures via la plateforme de Sèmè-Podji, située près de Cotonou, plutôt que par le port lui-même.
Le port de Cotonou connaît également une hausse de ses propres exportations, en partie stimulée par la plateforme industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), qui favorise le développement de nouveaux produits destinés aux marchés extérieurs. Globalement, l’activité du port a connu une progression significative. Le trafic total est passé de 9,6 millions de tonnes en 2024 à 14,7 millions en 2025, tandis que le trafic conteneurisé a dépassé les 500 000 EVP (équivalent vingt pieds). Au premier semestre 2026, le port a traité 7,7 millions de tonnes de marchandises, avec une hausse des exportations de près de 30 % par rapport à l’année précédente.
Cette croissance s’appuie sur un programme d’investissement lancé en 2021, comprenant 12 projets majeurs d’un montant total de près de 500 milliards de francs CFA (environ 859 millions de dollars). Ces projets visent à renforcer les capacités et les infrastructures du port. À long terme, le port espère traiter 25 millions de tonnes de trafic annuel et plus d’1 million d’EVP. Toutefois, le maintien de cette dynamique dépendra de facteurs tels que la compétitivité des corridors terrestres, les coûts logistiques et l’efficacité des procédures douanières. Le port devra également faire face à la concurrence d’autres ports régionaux qui convoitent les mêmes marchés enclavés.
Le port de Cotonou étend ses routes commerciales face aux bouleversements géopolitiques régionaux
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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