Orange, Deutsche Telekom et d'autres prévoient de demander les fréquences satellitaires de l'UE pour renforcer la connectivité et la souveraineté européennes.
Les opérateurs télécoms européens envisagent une coentreprise satellitaire
Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone ont signé une lettre d'intention pour étudier une candidature commune à la réattribution, par l'Union européenne en 2027, des fréquences de services mobiles par satellite (SSM). Ces fréquences permettent une communication directe entre les smartphones et les satellites, même dans les zones non couvertes par les réseaux traditionnels, sans nécessiter d'antenne.Propriété actuelle des fréquences SSM
Depuis 2008, les fréquences SSM sont contrôlées par deux opérateurs américains, Viasat et EchoStar. SpaceX, qui exploite le service d'internet par satellite Starlink, a acquis une partie du spectre auparavant utilisé par EchoStar, renforçant ainsi sa présence dans ce domaine.Proposition de l'UE pour la réattribution des fréquences
En mai, la Commission européenne a proposé une nouvelle répartition des fréquences SSM. Le plan réserve un tiers à un usage gouvernemental, notamment pour les communications critiques, la sécurité et les opérations militaires, qui seraient gérées par un opérateur européen. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du futur réseau européen de satellites de télécommunications sécurisées, IRIS², dont les premiers lancements sont prévus en 2029.Objectifs des opérateurs européens
Les quatre opérateurs européens visent à renforcer la souveraineté, la sécurité et la résilience de l'Europe dans les infrastructures de connectivité critiques. Ils prévoient également de permettre à tous les opérateurs mobiles européens d'accéder aux outils nécessaires pour proposer des services directs vers l'appareil (D2D), favorisant ainsi la concurrence et le choix des consommateurs en matière de produits et de tarifs.Besoin d'un partenaire pour la constellation satellitaire
Si les quatre entreprises sont déterminées à construire l'infrastructure terrestre nécessaire, elles ont encore besoin d'un partenaire européen capable de fournir une « constellation satellitaire » afin de préserver leur objectif d'indépendance technologique et de maîtrise de leurs services.