Les sondages passent souvent à côté des candidats clés

Une analyse historique des sondages pour l'élection présidentielle française montre que, s'ils prédisent parfois correctement le rapport de forces et les candidats qui accéderont au second tour, de nombreux facteurs peuvent modifier le paysage politique au fil des mois.

Les résultats de 2022 diffèrent des prévisions

Lors de l'élection présidentielle de 2022, les sondages ont correctement annoncé le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Emmanuel Macron a recueilli entre 23 et 30 % des voix au premier tour (27,85 % au final), et Marine Le Pen entre 15 et 28 % (23,15 %). Toutefois, les sondages ont sous-estimé Jean-Luc Mélenchon, qui a manqué le second tour d'environ 400 000 voix (21,95 %), alors que les sondages lui accordaient entre 6 et 11 %.

L'élection de 2017 a réservé des résultats inattendus

Lors de l'élection de 2017, François Fillon était un favori net face à Marine Le Pen. Les sondages lui donnaient entre 26 et 30 % des intentions de vote, tandis que Marine Le Pen était donnée entre 22 et 30 %. Emmanuel Macron, qui recueillerait finalement 24 % des voix, a été nettement sous-estimé, les sondages lui accordant entre 10 et 18 %. Jean-Luc Mélenchon a également été sous-estimé, les sondages lui donnant entre 11 et 15,5 %, mais il a finalement obtenu 19,6 %. L'avance de François Fillon s'est ensuite effritée en raison de polémiques impliquant son épouse et d'une procédure judiciaire.

L'élection de 2012 a connu des prévisions justes et erronées

Pour l'élection de 2012, les sondages ont correctement annoncé le duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, Hollande bénéficiant d'une avance (30 à 35 %) sur Sarkozy (24 à 29 %). Marine Le Pen était donnée entre 15 et 19 %, un niveau proche de son résultat réel (17,9 %). Jean-Luc Mélenchon, en revanche, a fait mieux que prévu en recueillant 11,1 % au lieu des 5 à 8 % annoncés.

L'élection de 2007 a connu des sous-estimations notables

Lors de l'élection de 2007, les sondages prévoyaient un duel entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, Sarkozy bénéficiant d'une avance (29 à 38 %) sur Royal (26 à 34 %). En revanche, les prévisions concernant les autres candidats se sont révélées moins justes. Jean-Marie Le Pen devait terminer troisième (9,5 à 17 %), mais il a finalement terminé quatrième (10,4 %). François Bayrou, qui a terminé troisième (18,6 %), a été sous-estimé dans les sondages (6 à 12 %).

L'élection de 2002 a été une grande surprise

L'élection de 2002 a constitué une grande surprise. Les sondages prévoyaient un duel entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, alors qu'aucun des deux n'avait encore déclaré sa candidature. Jacques Chirac était donné entre 24 et 27 % (19,9 % au final), et Lionel Jospin entre 22 et 23,5 % (16,2 %). Jean-Marie Le Pen était attendu entre 6 et 8 %, mais il a finalement recueilli 16,9 %, accédant pour la première fois au second tour. Ce résultat était considéré comme inimaginable dans les mois précédant l'élection.

L'élection de 1995 a réservé des résultats imprévus

Lors de l'élection de 1995, les sondages n'ont pas prédit le duel final entre Jacques Chirac et Lionel Jospin. Jacques Delors, président de la Commission européenne, était un favori, les sondages lui prédisant jusqu'à 27 % des voix au premier tour. Son principal concurrent, Édouard Balladur, devait recueillir entre 24 et 28 % des intentions de vote. Jacques Chirac, qui devait finalement devancer Édouard Balladur (20,8 % contre 18,5 %), a été sous-estimé dans les sondages (14 à 21 %). Jean-Marie Le Pen, qui participait à sa troisième élection présidentielle, a lui aussi été sous-estimé (7 à 10 % au lieu de 15 %).