Une exposition consacrée au processus créatif de Perec

Une exposition thématique installée sur le site François-Mitterrand de la BnF explore le processus créatif de l'écrivain Georges Perec, en mettant l'accent sur son travail plutôt que sur un simple retour sur sa carrière. Intitulée Georges Perec modes d'emploi avec Claire Lesage, elle est commissariée par Jean-Luc Joly.

Une exposition organisée autour des voyelles de l'alphabet

L'exposition s'articule autour de six espaces, chacun correspondant à une voyelle de l'alphabet. Ce parcours singulier reflète les préoccupations intellectuelles et linguistiques qui ont défini l'écriture et la pensée de Perec.

La salle A met en lumière les premières œuvres et les projets restés sans suite

La salle A présente les premiers travaux de Perec, notamment des documents liés à une revue culturelle révolutionnaire qui ne fut jamais publiée, ainsi que son roman Les Choses, qui lui valut le prix Renaudot en 1965. Cet espace donne un aperçu des années de formation de sa carrière et des idées expérimentales qui ont influencé son œuvre ultérieure.

L'espace E est une pièce vide dotée d'une image projetée

L'espace E, qui renvoie au livre La Disparition, est conçu comme une pièce entièrement vide, à l'exception de la projection du visage de l'auteur. Cette approche minimaliste reflète le thème de l'absence du roman et le défi que représente l'écriture sans recourir à la lettre « e ».

L'exposition met en lumière le lien de Perec avec l'Oulipo

Une autre salle est consacrée à la rencontre de Perec avec l'Oulipo, un groupe d'écrivains et de mathématiciens qui explorent les possibilités offertes par les contraintes formelles en littérature. Perec considérait cette rencontre comme un tournant de sa carrière, affirmant qu'elle avait profondément marqué son développement d'écrivain.

L'exposition montre le recours de Perec aux contraintes formelles

L'exposition présente divers jeux liés aux contraintes formelles, comme les palindromes et les métagrammes. Ces éléments traduisent la fascination de Perec pour les jeux linguistiques et la créativité structurée du groupe Oulipo.

Focus sur La Vie mode d'emploi et sa complexité

Une part importante de l'exposition est consacrée à La Vie mode d'emploi, qui dévoile les contraintes que Perec s'était fixées, ses notes et ses schémas, ainsi que les modèles mathématiques utilisés pour construire le roman. Jean-Luc Joly note que le roman est en avance sur son temps et anticipe les questions que soulève aujourd'hui l'intelligence artificielle.

L'exposition explore l'intérêt de Perec pour l'infra-ordinaire

L'exposition souligne également l'attention portée par Perec à l'infra-ordinaire, comme dans Je me souviens, ainsi que son désir de préserver les traces de l'histoire personnelle en tant qu'histoire commune d'une génération. Elle présente des documents relatifs à son projet inachevé d'une œuvre littéraire construite autour de son arbre généalogique, influencé par la disparition de ses parents pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'exposition inclut des hommages multimédias et artistiques

L'exposition comprend des dessins de Perec, une vidéo de Apostrophes montrant la réaction de Bernard Pivot face à La Vie mode d'emploi, ainsi que des œuvres de divers artistes influencés par Perec, dont un portrait signé Enki Bilal. Ces éléments offrent un contexte culturel plus large à l'influence de Perec.

L'exposition se poursuit jusqu'au début de 2027 avec un catalogue publié

L'exposition est ouverte jusqu'au 14 février 2027, et un catalogue intitulé Georges Perec modes d'emploi est disponible aux éditions de la BnF. Le catalogue compte 400 pages et coûte 42 euros ; il offre un aperçu détaillé de l'exposition et de l'œuvre de Perec.