Depuis la fin du mois de février, les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont attiré l’attention mondiale sur le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle par laquelle transite environ 20 % du pétrole échangé dans le monde. Cette situation géopolitique a eu des répercussions sur les marchés mondiaux, le prix du baril de Brent passant d’environ 60 dollars à l’automne 2025 à près de 126 dollars en mars. Début octobre, le cours s’était stabilisé autour de 100 dollars, mais ces fluctuations ont eu des conséquences économiques majeures, notamment en Afrique.
La Banque africaine de développement (BAD) a publié en mai son Perspectives économiques en Afrique 2026, prévoyant un taux de croissance continental de 4,2 %, légèrement inférieur aux 4,4 % enregistrés en 2025. Si ce léger recul peut sembler modéré, il illustre l’impact inégal du choc des prix du pétrole à travers le continent. L’Afrique de l’Est, région fortement dépendante des importations d’énergie, devrait voir son taux de croissance chuter de 6,6 % à 5,9 %. À l’inverse, l’Afrique centrale devrait connaître une légère progression, tirée par ses exportations d’hydrocarbures. Quant à l’Afrique du Nord, elle fait face à des défis liés à la hausse des coûts énergétiques et à un recul du tourisme en provenance du Golfe.
La flambée des prix du pétrole a des conséquences économiques bien réelles. L’augmentation du prix du diesel renchérit le transport et les engrais, ce qui affecte à la fois la production agricole et le budget des ménages. Les gouvernements subissent également une pression accrue pour protéger les ménages à faible revenu, ce qui pèse davantage sur les finances publiques. La BAD anticipe un taux d’inflation moyen de 10,4 % pour l’année en cours, en baisse par rapport aux 13,7 % enregistrés en 2025. Pourtant, les déficits budgétaires restent colossaux. Par exemple, l’Angola a bâti son budget 2026 sur un prix du baril à 61 dollars, tandis que le Nigeria tablait sur 64,85 dollars. Chaque dollar supplémentaire par baril représente des recettes imprévues que de nombreux gouvernements peinent à gérer efficacement.
Le Nigeria offre un cas d’étude intéressant. Pendant des années, le pays a importé la majorité de son essence, le rendant vulnérable aux hausses des prix du pétrole. Cependant, l’achèvement de la raffinerie Dangote a modifié cette dynamique. En mars, cette raffinerie couvrait environ 92 % des besoins nigérians en essence et exporte désormais vers l’Afrique de l’Ouest. Ce changement a permis d’enregistrer un excédent commercial au deuxième trimestre 2026, transformant une charge financière en source de revenus. Malgré cela, le Nigeria continue de faire face à des défis pour gérer son surplus pétrolier. Le pays produit environ 1,6 million de barils par jour, dépassant les 1,84 million attendus dans le budget. Bien que l’excédent soit estimé à environ 500 milliards de nairas depuis février, les réserves gouvernementales n’en montrent que peu de traces. La capacité à capter et conserver ces recettes reste un enjeu crucial, révélant des défis structurels plus profonds dans la gestion des ressources sur le continent.
Hausse des prix du pétrole et son impact sur l'économie africaine
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
nigeriaafdb



