En août 1915, un véhicule blindé en acier massif, pesant environ 60 tonnes et monté sur deux roues de 9 mètres, s’est enlisé dans un marais au nord de Moscou. Ce véhicule, connu sous le nom de char Tsar, était alors le plus grand véhicule blindé de l’histoire. Il n’est jamais sorti du marais et est resté piégé jusqu’en 1923, date à laquelle il a été démantelé sur place. Le char Tsar mesure 18 mètres de long et 9 mètres de haut, pour un poids d’environ 60 tonnes. Un petit modèle à ressort avait été présenté au tsar Nicolas II en février 1915, ce qui aurait permis de débloquer plus de 200 000 roubles de budget pour le projet. La roue directrice, inadaptée, s’est enfoncée lors du premier essai le 27 août 1915 dans le marais. La machine est restée bloquée pendant huit ans avant d’être découpée sur place pour récupérer le métal en 1923.
L’idée du char Tsar vient de Nikolaï Lebedenko, responsable du laboratoire expérimental du ministère de la Guerre russe. Comme il l’a lui-même reconnu, son inspiration était l’araba, une charrette à grandes roues capable de franchir facilement les bosses et les fossés. Si une charrette peut le faire, pourquoi pas un véhicule blindé ? Un modèle à ressort a été présenté à Nicolas II au début de l’année 1915. Lors d’une audience le 8 février, la petite machine, qui roulait sur un tapis, a fasciné l’empereur. Ce dernier a doublé la mise : selon les sources, le projet a reçu 210 000 roubles, voire 250 000. Ce budget, équivalent à environ 125 000 dollars de l’époque, était colossal pour un prototype qui n’avait franchi que des piles de livres.
Sur le papier, la machine impressionne. Elle mesure 18 mètres de long et 9 mètres de haut, avec un équipage d’une dizaine d’hommes. Une casemate fixe, perchée à la hauteur d’une maison de deux étages, devait abriter une mitrailleuse ou un canon. Les sources divergent sur la motorisation (deux moteurs Maybach de 240 chevaux pour certains, deux moteurs Sunbeam de 250 pour d’autres), mais pas sur le principe : un moteur par grande roue. Les pièces ont été fabriquées dans une usine du quartier de Khamovniki à Moscou, puis assemblées de la fin du printemps à la fin de l’été 1915 près de la gare d’Orudyevo, aux abords de Dmitrov. La construction s’est déroulée dans le plus grand secret.
Le 27 août 1915, les essais ont commencé plutôt bien. Le char a avancé sur une route en rondins posée sur un marais, a écrasé un arbre, puis a quitté le chemin pour s’engager dans une zone inondée. C’est là que tout s’est joué. À l’arrière, la roue directrice de 1,5 mètre supportait une partie trop lourde de la masse, mal répartie, avec un écart de diamètre bien trop important entre les roues. Elle s’est enfoncée, et le colosse est resté bloqué dès son premier essai. Entre 9 mètres et 1,5 mètre, le rapport était de un à six. Personne n’a réussi à libérer la machine, et le projet n’a pas survécu à cet échec. Il a été abandonné en 1915, le char étant jugé sous-motorisé et trop vulnérable face à l’artillerie. Le véhicule est donc resté à l’endroit où il s’était enlisé, tandis que la guerre et la révolution de 1917 mobilisaient les esprits et les ressources.
En 1923, après huit ans passés dans la forêt, il a été découpé sur place pour récupérer le métal. Le char Tsar misait sur sa taille pour franchir les obstacles. Les Britanniques ont choisi la solution inverse : des chenilles qui répartissent le poids sur une grande surface au sol. Leurs premiers chars Mark I sont entrés en action sur la Somme en septembre 1916, à peine un an après l’échec d’Orudyevo. Lebedenko, lui, n’a pas assisté à la fin de sa machine. Il a quitté la Russie pour les États-Unis à l’automne 1917, et on ignore ce qu’il est devenu ensuite. Une page du musée municipal de Moscou indique qu’il est né en 1879 et mort en 1948. Il aurait ainsi vécu plus de trente ans après l’échec de son colosse.
Le projet du char Tsar échoue en 1915 et reste bloqué pendant huit ans
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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