Le livre Les natures du productivisme : Une histoire environnementale de la France, de 1940 à nos jours, écrit par Renaud Bécot, Christophe Bonneuil et Gabrielle Bouleau, a remporté le prix du livre d’écologie politique 2026. Publié en février par La Découverte, il s’agit du troisième tome d’une vaste histoire environnementale de la France, retraçant près d’un siècle de transformations économiques, sociales et écologiques. L’ouvrage, paru le 26/02/2026, compte 380 pages et est vendu 24 000 €. Créé en 2014 par la Fondation pour l’écologie politique (FEP), ce prix récompense chaque année un ouvrage en français qui, par son analyse, contribue à approfondir la réflexion écologique, éclairer les enjeux environnementaux ou interroger les transformations écologiques de la société. Il s’accompagne d’une dotation de 1 000 €. La cérémonie officielle de remise du prix aura lieu le samedi 3 octobre, de 18 h à 19 h, à l’Académie du Climat à Paris, dans le cadre du 24e Festival du livre et de la presse d’écologie. Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité de Histoire environnementale de la France. Les deux premiers tomes couvraient respectivement les périodes de 1780 à 1870 et de 1870 à 1940. Ce troisième volume poursuit l’enquête à partir de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui. Les trois auteurs y analysent comment le productivisme – défini comme un système économique axé sur la croissance continue – a façonné le territoire français, ses infrastructures, son agriculture, sa consommation énergétique et ses politiques publiques. Ils revisitent notamment le régime de Vichy, la reconstruction, les « Trente Glorieuses », la dépendance de la France aux ressources coloniales et postcoloniales, la « pétrolisation » de la société française, ainsi que les premières résistances à la pollution, aux barrages, au nucléaire et à la modernisation agricole. L’enquête s’attache aussi à l’émergence progressive de l’environnement comme objet d’action publique : apparition des politiques environnementales, développement du développement durable et de la « transition écologique », ainsi que les limites de ces différents dispositifs. Le livre propose une relecture de l’histoire contemporaine de la France à travers ses transformations matérielles et environnementales. Renaud Bécot est maître de conférences en histoire contemporaine à Sciences Po Grenoble et membre du laboratoire Pacte. Ses travaux portent sur l’histoire environnementale, le travail, la pollution industrielle et les mobilisations collectives contre les risques sanitaires et environnementaux. Christophe Bonneuil est directeur de recherche au CNRS et enseigne l’histoire environnementale à l’EHESS. Spécialiste des relations entre science, nature et sociétés, il est notamment co-auteur, avec Jean-Baptiste Fressoz, de L'Événement anthropocène. Gabrielle Bouleau, ingénieure et politiste à l’INRAE, est chercheuse au LISIS. Ses recherches portent en particulier sur les politiques de l’eau, les indicateurs environnementaux et la manière dont les problèmes écologiques deviennent – ou non – des objets d’action publique. Le jury 2026 du prix du livre d’écologie politique est composé de Céline Marty, docteure en philosophie et spécialiste du travail chez André Gorz ; Laure Pascarel, co-présidente des Éditions Utopia et gérante de la Librairie Utopia ; Meixin Tambay, présidente du Festival du livre et de la presse d’écologie ; Aristide Athanassiadis, chercheur spécialisé dans la circulation des flux matériels, fondateur de la chaîne YouTube Metabolisms of Cities et co-directeur du Green Letter Club ; et Alexis Vrignon, historien et maître de conférences à l’Université d’Orléans, co-auteur de Une histoire des luttes pour l'environnement et auteur de La Naissance de l'écologie politique en France. Ce trio succède à Laurence Marty, lauréate 2025 pour Apprendre et lutter au bord du monde, publié par Empêcheurs de penser en rond – La Découverte. Anthropologue, militante féministe et écologiste, elle y aborde la formation du mouvement pour la justice climatique autour de la COP21 et les questions stratégiques qui traversent les mobilisations écologiques.