Le silence des enfants n'est pas toujours de la méfiance

Lorsque des enfants répondent par un simple « bof » ou haussent les épaules quand on leur demande comment s'est passée leur journée, cela ne signifie pas forcément qu'ils ont perdu confiance en leurs parents. Cela peut plutôt refléter la manière dont les questions sont posées. Les parents peuvent interpréter ce silence comme un signe de distance affective, alors qu'il pourrait simplement être une réaction à la façon dont les questions sont formulées.

Les enfants mènent la conversation

Une étude suédoise portant sur 1 186 adolescents de 14 ans et leurs parents a montré que ce sont les enfants qui décident de ce qu'ils partagent, et non les parents. Les chercheurs ont comparé ce que les enfants confiaient spontanément à ce que les parents apprenaient grâce à la surveillance ou aux questions directes. Les résultats ont montré que les enfants qui se confiaient le plus à leurs parents étaient ceux qui se sentaient à l'aise pour le faire de leur propre initiative, plutôt que lorsqu'on les interrogeait directement.

Les questions contrôlantes peuvent avoir l'effet inverse

L'étude a également révélé que, lorsque les enfants avaient le sentiment d'être contrôlés, ils étaient moins enclins à se confier. Ce constat était lié à une moins bonne adaptation émotionnelle chez les enfants. Toutefois, il s'agit d'une étude corrélationnelle, qui n'a pas mesuré le ton des questions. Elle suggère que la manière dont les parents posent leurs questions est importante, mais elle ne prouve pas que demander directement « Comment s'est passée ta journée ? » provoque le silence.

Techniques de questionnement efficaces

Une recherche menée par Deirdre Brown et Michael Lamb auprès de 128 enfants âgés de 5 à 7 ans a montré que les invitations ouvertes, comme « Raconte-moi », donnaient lieu à des réponses plus détaillées et plus exactes que les questions directes. Les questions fermées appelant une réponse par oui ou par non, en revanche, entraînaient souvent des erreurs. Cela suggère que les parents devraient éviter les questions fermées et demander plutôt des récits ou des précisions.

Conseils pratiques pour les parents

Les spécialistes recommandent de remplacer les questions directes, comme « Ça s'est bien passé ? », par des invitations ouvertes, telles que « Raconte-moi un moment de ta journée ». Écouter activement et reprendre les mots de l'enfant pour poser des questions de suivi peut l'encourager à en dire davantage. Il est également utile de commencer par des sujets plus légers et moins graves, et de faire preuve de patience face aux silences. Partager quelque chose de personnel sur sa propre journée peut aussi créer un climat plus détendu, propice à ce que l'enfant s'ouvre.