La Russie a annoncé des tests précis pour son futur vaisseau spatial habité, une étape clé dans son programme spatial. Ce projet vise à remplacer le vaisseau Soyouz, utilisé depuis longtemps pour envoyer des cosmonautes en orbite terrestre basse, voire vers la Lune. Selon Dmitri Bakanov, le nouveau directeur de Roscosmos, cité par Ars Technica, ces tests suivent désormais un calendrier clair. La première phase débutera cet automne avec le déploiement et les essais du système de parachutes du vaisseau dans l’est de la Russie. D’ici la fin de l’année, des tests de sauvetage d’urgence seront également menés sur le site de lancement. En 2027, des essais auront lieu dans la zone dite de pression dynamique maximale, ou Max Q, le moment du lancement où la fusée subit les plus fortes contraintes. Bien que cela puisse évoquer un test d’évacuation d’urgence pendant le décollage, aucune confirmation n’a été apportée. Le premier vol habité est prévu pour 2028 ou 2029, probablement à bord de la fusée Angara A5M, qui n’a pas encore été lancée. Des incertitudes subsistent quant à la nature exacte de ces tests, notamment sur l’utilisation éventuelle de vaisseaux à taille réelle, de maquettes ou de modèles simplifiés. Le projet a changé quatre fois de nom depuis 2009 : PPTS, PTK NP, Fédération, puis Orel. Bakanov semble revenir à la désignation PTK NP. Le cosmodrome Vostochny, d’où doit décoller la fusée Angara, accumule des retards depuis des années, les vols habités étant initialement prévus dès 2023. Des problèmes structurels ont considérablement ralenti les progrès, remettant en cause le calendrier fixé par les autorités. Un système d’éjection est un mécanisme de sécurité conçu pour éloigner rapidement la capsule habitée de la fusée en cas de problème au décollage ou lors de la phase initiale d’ascension. Cela peut impliquer une tour d’éjection, des moteurs intégrés dans la capsule ou une combinaison des deux. L’objectif est de placer la capsule sur une trajectoire stable, puis de déclencher la séquence de descente – à l’aide de parachutes ou de rétrofusées – pour l’éloigner du danger. Les « tests au sol » servent à vérifier les capteurs, l’automatisation et la capacité du système à fonctionner dans des conditions moins qu’idéales, sans dépendre d’un équipage. Le Max Q, ou pression dynamique maximale, correspond au moment du vol où la fusée subit la pression aérodynamique la plus élevée. Cela se produit généralement tôt dans la mission, lorsque la fusée traverse encore une atmosphère dense tout en gagnant de la vitesse. À ce stade, les forces exercées sur la structure de la fusée, son protection thermique, ses fixations et ses connexions mécaniques atteignent leur maximum. Ce moment est crucial pour la fiabilité globale, car des faiblesses structurelles ou des vibrations incontrôlées peuvent causer des dommages graves. Les tests autour du Max Q permettent aussi d’évaluer le bon fonctionnement des procédures d’urgence, y compris les éventuelles évacuations, dans les conditions aérodynamiques les plus difficiles. Le fait que la fusée Angara A5M n’ait pas encore volé ajoute une complexité à la planification de la première mission habitée. Un vol habité exige un niveau de maturité et de fiabilité plus élevé, ce qui signifie que la fusée doit subir une campagne d’essais en vol, une analyse des données et des améliorations de conception. Une variante comme l’Angara A5M doit prouver ses performances – capacité de charge utile, trajectoire et stabilité – ainsi que sa compatibilité avec une capsule habitée. La qualification « adaptée au vol habité » implique généralement des redondances, des normes de sécurité et une démonstration statistique plus rigoureuse de la fiabilité que pour les missions cargo. Tant que la fusée n’aura pas volé, des inconnues subsisteront sur les forces réelles qu’elle subira, ce qui peut retarder la certification du vaisseau et de ses systèmes de secours.