La couverture médiatique mondiale du changement climatique a chuté de près de 40 % depuis 2021, malgré des chaleurs record et une inquiétude publique croissante.
La couverture médiatique du changement climatique recule à l'échelle mondiale
La couverture médiatique du changement climatique a diminué de près de 40 % dans le monde depuis son pic de 2021, avec une baisse encore plus marquée en Europe, selon une enquête Eurobaromètre de 2025. Malgré ce recul, 85 % des Européens considèrent toujours le changement climatique comme un problème sérieux.Des températures record en 2026
Le mois d'août 2026 a été enregistré comme le plus chaud jamais mesuré, avec une température moyenne de l'air à la surface de 16,96 °C, soit 0,85 °C de plus que la moyenne du mois d'août sur la période 1991-2020. L'été 2026 a été le troisième plus chaud jamais enregistré sur l'ensemble du continent européen, et le plus chaud en Europe de l'Ouest.Températures aux États-Unis et tendances médiatiques
Aux États-Unis, la période de janvier à août 2026 a été la plus chaude depuis le début des relevés en 1895, avec une température moyenne de 14,43 °C. Pourtant, la couverture médiatique du changement climatique avait chuté de 25 % par rapport à 2025.Suivre la couverture médiatique mondiale
Les données proviennent de l'Observatoire des médias et du changement climatique (MeCCO) de l'Université du Colorado à Boulder, qui suit la couverture médiatique du changement climatique à travers 131 sources, dans 14 langues et 59 pays. Toutefois, l'analyse de MeCCO ne porte que sur la presse écrite, à l'exclusion de la télévision et des réseaux sociaux.Tendances européennes et schémas de couverture
En France, la couverture suit la tendance européenne, mais les pics liés aux sommets durent plus longtemps que dans le reste de l'Europe. Elle est restée au niveau de 2021 jusqu'en 2024, les baisses les plus importantes ayant eu lieu en 2025.Pics et creux de la couverture médiatique
Depuis 2021, la couverture a connu plusieurs pics, largement liés aux conférences climatiques des Nations unies, bien que la plupart n'aient pas atteint les niveaux de la COP26. La couverture a également augmenté lors de la canicule de 2023, quand le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré : « L'ère du réchauffement climatique est terminée ; l'ère de l'ébullition mondiale est arrivée. »Une attention médiatique portée sur les événements politiques et météorologiques
Ces dernières années, la couverture médiatique a suivi le calendrier diplomatique mondial ou les événements météorologiques : il faut une grande réunion politique ou une catastrophe pour attirer l'attention des médias. L'été 2026 n'a pas fait exception, la couverture française ayant de nouveau dépassé sa moyenne de 2021.Perception du public et confiance dans les médias
Selon l'Eurobaromètre de 2025, 85 % des Européens considèrent le changement climatique comme un problème sérieux, et 52 % estiment que les médias traditionnels ne fournissent pas d'informations claires sur le sujet. Une enquête du Reuters Institute de 2025 révèle qu'en France, seuls 36 % des personnes interrogées déclarent faire confiance aux médias pour s'informer sur le changement climatique, le taux le plus bas parmi les huit pays étudiés.Google Trends et intérêt du public
Google Trends confirme cette tendance : les recherches sur « climate change » (changement climatique) affichent des pics en avril 2022, 2023 et 2024, largement dus aux logos spéciaux du Jour de la Terre sur la page d'accueil de Google. En 2025 et 2026, en revanche, les logos ont célébré la beauté de la planète sans mentionner le « changement climatique ».D'autres crises éclipsent le changement climatique
Parmi les crises que traverse le monde, trois en particulier ont contribué à reléguer le changement climatique au second plan dans les médias : les guerres, l'essor de l'intelligence artificielle et le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. En février 2022, l'invasion de l'Ukraine a détourné l'attention européenne des enjeux climatiques vers la sécurité et la crise énergétique.L'IA et les changements politiques influencent l'attention médiatique
Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 a entraîné un profond changement dans les priorités de la recherche, la recherche sur l'IA ayant dépassé celle sur le changement climatique dans un rapport d'environ 27 pour 1. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, avec son retrait de l'Accord de Paris, a encore contribué au recul de l'attention médiatique portée au changement climatique.Intérêt du public français et recul médiatique
En 2024, le public français était le plus attentif aux informations sur le climat parmi les huit pays étudiés, 60 % des personnes interrogées déclarant les avoir suivies au cours de la semaine précédente. Pourtant, l'attention médiatique accordée au climat en France continue de baisser : la proportion de Français qui s'informent chaque semaine sur le climat a diminué de 15 points depuis 2022.Concentration du pouvoir médiatique
Les groupes médiatiques multinationaux ont poursuivi leur consolidation, dessinant un paysage mondialisé et appauvri, marqué par une concentration accrue du pouvoir, notamment entre les mains de quelques milliardaires et de fonds d'investissement privés. Le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount en octobre 2026 est la dernière d'une série d'opérations défavorables au traitement médiatique du changement climatique.Réductions dans les médias américains et élections européennes
Aux États-Unis, CBS News a démantelé son équipe climat à la fin de 2025, et au début de 2026, le Washington Post a supprimé 14 postes de journalistes spécialisés dans le climat. Cette réduction de la couverture médiatique devrait alerter les citoyens européens, alors que plusieurs élections clés approchent sur le continent.Perspectives d'avenir pour la couverture climatique
L'Organisation météorologique mondiale prévoit qu'un épisode El Niño très intense accroîtra le risque de phénomènes météorologiques extrêmes jusqu'en 2027. Si la tendance observée se confirme, le changement climatique pourrait revenir au premier plan de l'actualité. Cela ne signifierait toutefois pas nécessairement la fin de « l'éclipse » : le sujet pourrait très facilement disparaître à nouveau des médias.