Les associations d'Occitanie font face à des besoins sociaux en hausse et à des financements en baisse, entraînant des listes d'attente de plusieurs années pour les enfants handicapés et des suppressions de postes.
Besoins croissants et fonds en baisse
Les associations d'Occitanie signalent un écart grandissant entre les besoins sociaux croissants de la population et les financements insuffisants qu'elles reçoivent. Selon l'Uriopss, cette situation a entraîné de longs délais d'attente pour les enfants handicapés et des difficultés à recruter du personnel. Ces organisations peinent sur le plan financier, car l'inflation fait grimper les coûts, alors que les financements n'ont pas suivi. Elles ont organisé une semaine d'actions du 12 au 17 octobre pour alerter sur leurs inquiétudes, en demandant : « Et si on s'arrêtait vraiment ? »Des délais d'attente longs pour les enfants
Les conséquences de ce déficit de financement sont visibles dans certains services. Plus d'une centaine d'enfants de la région figurent sur des listes d'attente pour des places dans des instituts médico-éducatifs (IME), ou pour des services d'éducation spécialisée et d'aide à domicile. Les délais peuvent atteindre trois à cinq ans, ce que le directeur de l'Uriopss Occitanie qualifie de « perte de chances énorme » pour les enfants. Pendant ce temps, leur état physique et psychologique peut se dégrader, et les familles doivent souvent assurer l'accompagnement, au risque d'un isolement social et professionnel.Des difficultés pour les professionnels
Les difficultés touchent aussi les professionnels qui travaillent dans ces associations. Au moins deux structures de protection de l'enfance ont dû licencier du personnel l'an dernier, faute de financements suffisants pour la prévention spécialisée. Dans le même temps, les associations peinent à recruter et à fidéliser leurs salariés. Les grilles salariales de certaines conventions collectives n'ont pas suivi la hausse du SMIC, ce qui réduit l'écart de rémunération entre les salariés expérimentés et les nouveaux embauchés.De nouvelles charges financières
Les associations font également face à de nouvelles charges financières, notamment liées à la taxe d'apprentissage. La suppression, en 2026, d'une réduction de cotisations sur les bas salaires a ajouté plus de 350 millions d'euros de coûts pour le secteur associatif. Une déclaration nationale des associations mobilisées souligne la gravité de la situation : en 2025, la moitié des associations employeuses ont déclaré avoir perdu des financements, et près d'un quart des établissements médico-sociaux disposaient de moins de 45 jours de trésorerie, dont 10 % moins de six jours.Des actions symboliques pour alerter sur la crise
La mobilisation « Et si on s'arrêtait vraiment ? » s'est traduite par des actions symboliques à Toulouse, Montpellier et Mende, le 16 octobre. À Toulouse, des participants se sont allongés sous des couvertures de survie dans la gare Matabiau, pour représenter l'arrêt possible des services d'accompagnement. À Mende, l'association ALOES a calculé les effets de l'arrêt de ses activités, notamment la perte de 311 personnes accompagnées vers l'emploi chaque année. Le directeur de l'Uriopss Occitanie a expliqué que cette semaine visait à montrer comment la poursuite des efforts des associations rend moins visibles les effets de leurs déficits de financement. D'autres actions pourraient suivre, bien qu'aucun calendrier précis n'ait été fixé, l'essentiel des efforts portant sur les décisions budgétaires au niveau national.