Isabelle Huppert, figure majeure du cinéma français, a tourné dans plus de 150 films depuis ses débuts à la fin des années 1960. Elle s’est fait connaître du grand public grâce à son rôle dans La Dentellière (1977) de Claude Goretta, puis s’est imposée comme l’une des actrices les plus exigeantes et respectées de sa génération. Huppert a remporté deux César de la meilleure actrice, un Golden Globe, ainsi que plusieurs prix d’interprétation à Cannes, Venise et Berlin. Elle a marqué durablement le cinéma français avec des rôles marquants dans La Pianiste, Elle et La Cérémonie. Elle incarne actuellement le personnage principal du nouveau film de Marc Fitoussi, Ni vue ni connue, dans lequel elle joue Corinne Maclou, un rôle inédit pour elle : celui d’une figurante. Elle enchaîne les tournages dans l’espoir d’être repérée et d’obtenir enfin un rôle à sa mesure. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation se tisse entre les deux femmes, Corinne voit s’ouvrir la perspective de réaliser son rêve. Reste à savoir si la célèbre actrice parviendra à l’aider à s’intégrer dans la grande famille du cinéma. Huppert a d’abord travaillé sous la direction de Bertrand Tavernier en 1976 dans le drame historique et social Le Juge et l’Assassin, aux côtés de Philippe Noiret et Michel Galabru. Bien que son rôle fût secondaire, il révélait déjà la précision et la retenue d’une actrice appelée à laisser une empreinte durable dans le cinéma français. Leur collaboration ne sera renouvelée qu’une seule fois, en 1981, avec Coup de torchon, adaptation du roman 1275 âmes de Jim Thompson, où elle partage l’affiche avec Philippe Noiret et Jean-Pierre Marielle. Dans ce film culte, Huppert s’impose dans un rôle central. Le Juge et l’Assassin obtient la note de 4 sur 5 sur AlloCiné, en tête de la filmographie de l’actrice avec plus de 1 418 notes et près de 144 critiques. Ykarpathakis157 (5/5) écrit : « Le juge et l’assassin est un titre étrange et ironique pour ce film. Il ne correspond pas à ce que votre esprit imagine immédiatement. Il s’agit de l’arrestation et du procès d’un psychopathe à la manière d’un grand auteur français. Cela ressemble étrangement à Lacombe Lucien, sorti deux ans plus tôt. Avec une performance courageuse de Michel Galabru, qui méritait son César pour le rôle du tueur en série, et son procès devient une étude de l’esprit et du mal dans la nation française au début du siècle dernier. L’antisémitisme, les troubles civils, la désobéissance et la tyrannie de la France et de l’Église peuvent rendre fou et faire d’un homme un assassin. Avec de solides performances de l’acteur fétiche de Tavernier, Philippe Noiret, et de la jeune Isabelle Huppert, c’est un chef-d’œuvre dans la tradition du cinéma français avant l’arrivée de la Nouvelle Vague. C’est mon film préféré de ce grand réalisateur, paix à son âme, M. Bertrand Tavernier… » Shephard69, du Club Allociné (5/5), déclare : « Une confrontation magnifique entre un Philippe Noiret à la hauteur de sa réputation et un Michel Galabru qui signe sans conteste l’une de ses performances les plus remarquables, apparaissant totalement hanté, troublant, presque effrayant. La première partie montre le parcours sanglant de Joseph Bouvier, et la seconde, plus centrée sur l’enquête et la recherche d’aveux par le juge Rousseau, illustre, grâce à une excellente réalisation, la difficulté d’une telle investigation, notamment à l’époque, quant à la manière de déterminer, d’un point de vue judiciaire, si un tueur en série est fou ou responsable de ses actes. Un film magnifique, captivant, qui a le mérite d’ouvrir une réflexion profonde. » ClashDoherty (5/5) ajoute : « Que dire devant une telle perfection ? Des acteurs parfaits (Noiret, Brialy, Huppert, on sait qu’ils sont toujours parfaits, mais voir Michel Galabru si magistral dans un rôle aussi dramatique est un régal pour un cinéphile). Il est bien loin du personnage du sergent Gerber, et on se demande vraiment pourquoi il n’a pas poursuivi dans cette voie, car il tient ici le rôle de sa vie (justement récompensé par un César). Une reconstitution méticuleusement parfaite de la France de la fin du XIXe siècle, tant sur le plan social que politique. Ce film est aussi une vision remarquable d’un tueur en série fou, assoiffé de sang, bien que dramatiquement pitoyable. Il faut absolument voir Le juge et l’assassin. Le meilleur de Tavernier avec Que la fête commence et L.627. Voyez comme ce réalisateur est éclectique et talentueux ! »