Le mardi 29 septembre, des agriculteurs manifestants liés à la Coordination rurale ont organisé une protestation devant les locaux de la préfecture de la Vienne en y déversant des pneus, des bâches et des mélanges d’urine et d’excréments. L’action, revendiquée par la Coordination rurale, a conduit le préfet de la Vienne, Charles Guisti, à déposer une plainte contre le groupe. Plus tôt dans le mois de septembre, une soixantaine d’agriculteurs s’étaient rassemblés à Poitiers pour protester contre l’annonce, par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, d’un plan climat, adaptation, sécheresse et incendies (Casi). Les manifestants avaient qualifié ce plan de « farce totale », critiquant ce qu’ils considéraient comme une bureaucratie excessive. En guise de geste symbolique, les agriculteurs avaient déchiré des papiers devant la préfecture, symbolisant leur conviction que le gouvernement « noie le monde agricole sous les paperasses ». Ils s’étaient ensuite rendus à la Direction départementale des territoires (DDT) pour y déverser plusieurs tonnes de pneus, de bâches et de fumier. La préfecture de la Vienne a riposté en déposant une plainte pour dégradations, réclamant des dommages et intérêts pour couvrir les coûts engendrés. Dans un communiqué, le préfet a condamné ces actions, soulignant que les services de l’État œuvrent activement pour soutenir le secteur agricole face aux conséquences de la sécheresse et des fortes chaleurs. Le texte mettait en garde : de telles protestations ne serviraient pas la cause agricole et seraient perçues comme un manque de respect envers les services techniques de Poitiers, qui assurent le nettoyage des routes publiques aux frais de la collectivité. Lors d’une intervention sur ICI Poitou le jeudi 1er octobre, le préfet a fait état de dégâts subis par les locaux de la DDT, notamment une porte brisée, des panneaux endommagés et une Marianne taguée, symbole national de la France. François Turpeau, président de la Coordination rurale en Vienne, s’est dit surpris par le dépôt de plainte, affirmant que la manifestation avait été dûment déclarée et que l’action visait à être symbolique. Il a précisé que son objectif était de permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier, « et non par le fait de vider des bennes ». Turpeau doit prochainement rencontrer le préfet de la Vienne dans l’espoir de trouver un terrain d’entente et, éventuellement, de faire reconsidérer la plainte.