La réunion s’ouvre sur une citation de la philosophe Vinciane Despret, qui, interrogée par un journaliste sur la manière de mobiliser les gens face à l’effondrement du vivant, répondait : « On ne sait pas. Pour l’instant, on tâtonne. Et peut-être que les artistes et les écrivains peuvent nous aider. » Elle souligne que, pendant longtemps, les émotions humaines étaient liées à des idéaux comme l’émancipation, la liberté ou le progrès. Mais le philosophe Bruno Latour estime que ces émotions ne correspondent plus à la réalité actuelle, laquelle exige de nouvelles façons de penser et de ressentir. Créer ces nouveaux affects n’est pas simple, précise Despret. Cela résulte d’un long processus, et le temps presse. Une tâche urgente s’impose : sortir de cet état de sidération et commencer à agir.
Catherine Meurisse réagit à ces propos en insistant sur l’importance de redécouvrir l’émerveillement face à la crise écologique. Elle évoque le philosophe Baptiste Morizot, qui suggère que la dimension politique de l’émerveillement peut contrer le désespoir et l’impuissance. Meurisse met en avant le rôle des artistes dans la traduction du monde sensible en formes capables d’inspirer l’action et le lien.
Elle évoque l’influence de peintres comme Corot, Fragonard, Watteau et Poussin sur sa relation à la nature, suggérant que la représentation artistique de celle-ci offre un prisme unique pour appréhender le monde. Elle note aussi que le début de sa bande dessinée Le Clan de Walden met en scène des paysages immersifs, dont les premières pages sont conçues pour plonger le lecteur dans le monde naturel. Ces pages initiales ont été réalisées à l’aide de techniques et de formats variés, comme des gouaches, des encres et des pastels secs, reflétant son désir de réapprendre à dessiner et de renouer avec la matérialité de la vie.
Le récit de Le Clan de Walden met en scène quatre grandes figures de l’écologie américaine : Henry-David Thoreau, Ralph Emerson, John Muir et Rachel Carson. Meurisse souligne l’importance du journal de Thoreau, qu’elle juge plus éclairant que son ouvrage ultérieur Walden ou la Vie dans les bois. Elle revient également sur le mythe du Thoreau ermite solitaire, précisant qu’il était en réalité très proche de sa famille et de sa communauté à Concord, dans le Massachusetts. Elle oppose ce portrait à la représentation de Thoreau dans le film Into the Wild, qu’elle juge inexacte.
Meurisse aborde aussi des enjeux écologiques contemporains, comme l’éco-sabotage, la déforestation, l’agriculture intensive et le changement climatique. Elle dénonce la criminalisation des mouvements écologistes en France et s’inquiète de la montée des extrêmes droites, qu’elle considère comme écocides. La bande dessinée évoque également la question de l’appropriation culturelle, un thème que Meurisse attribue en partie à ses dix années d’expérience en tant que dessinatrice de presse.
Le récit de Le Clan de Walden s’appuie sur une synthèse de lectures historiques et contemporaines, incluant des œuvres de Vinciane Despret, Baptiste Morizot, Philippe Descola, Bruno Latour et d’autres. La page de titre du livre représente des personnages prêts à en découdre, inspirés du film Armageddon, mais ils sont dépeints comme à la fois déterminés et fragiles, reflétant la complexité des relations entre humains et nature.
Meurisse évoque son usage du langage dans la bande dessinée, jouant avec les calembours, les néologismes et le pastiche, s’inspirant d’auteurs comme Gotlib et Racine. Elle souligne aussi l’importance de l’humour et du rire dans le discours écologique, suggérant qu’ils peuvent aider à surmonter le désespoir et l’impuissance. Le texte du livre mêle un langage soutenu et un registre plus prosaïque, reflétant la nature multidimensionnelle des questions écologiques.
Enfin, Meurisse revient sur la photo de couverture de Le Clan de Walden, qui montre une image espiègle de son compagnon, prise lors d’une visite à la Kunsthalle de Hambourg. La photo saisit l’interaction entre le spectateur et l’environnement, un thème qui traverse toute son œuvre.
Des artistes et écrivains explorent l'urgence et la sensibilité écologiques dans de nouvelles œuvres
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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