Le 30 septembre 2026, la sécheresse prolongée qui touche l’Hexagone — terme souvent utilisé pour désigner la France — continue de freiner la repousse de l’herbe dans les prairies, selon un tableau de bord de surveillance publié le 29 septembre par Agreste, l’organisme français de statistiques agricoles. Le déficit de croissance de l’herbe par rapport à la période de référence a atteint « un niveau sans précédent », comme le souligne un rapport complémentaire d’Agreste publié le 7 octobre. Ce rapport précise que le déficit actuel dépasse désormais celui de la sécheresse sévère de 2003, année marquée par des conditions météorologiques extrêmes en Europe. Au 30 septembre, la croissance des prairies permanentes était inférieure de 42 % à la moyenne de la période de référence 1989–2018, une légère amélioration par rapport aux 40 % enregistrés le 20 septembre. Le service statistique du ministère de l’Agriculture explique que, depuis la vague de chaleur de fin juin, les températures élevées et les conditions de sécheresse se sont maintenues presque sans interruption, empêchant toute reprise de la croissance de l’herbe. Au 30 septembre, 52,9 % de la croissance annuelle de référence avait été atteinte, un chiffre bien inférieur aux 91 % enregistrés à la même date en moyenne sur la période 1989–2018. Agreste souligne que, depuis plus de trois mois, la croissance cumulée de l’herbe reste atone. Pour la majorité du pays, la production fourragère est « fortement déficitaire », avec des indicateurs inférieurs à 75 %, selon Agreste. Seule la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) affiche une production jugée « normale », avec un indicateur de rendement des prairies compris entre 90 et 110. Le reste des régions connaît des déficits importants : Agreste indique que « à de très rares exceptions près, l’ensemble du territoire connaît un déficit supérieur à 25 %, et localement supérieur à 60 % ». Ce niveau de pénurie d’herbe a des répercussions majeures sur l’agriculture, en particulier pour l’élevage, qui dépend largement des prairies pour l’alimentation du bétail.