Une croissance des prairies au plus bas

Agreste, le service statistique du ministère français de l'Agriculture, indique que la croissance cumulée des prairies permanentes est tombée à 42 % en dessous de la moyenne de référence de 1989 à 2018. Ce déficit est le pire depuis le début des relevés, dépassant le précédent record enregistré en 2003.

Données issues d'un modèle de suivi

Les données proviennent du modèle Isop, un système conçu pour suivre les prairies à partir de données météorologiques et de caractéristiques des sols. Le modèle estime la production d'herbe à partir de ces facteurs, ce qui permet d'évaluer l'état des surfaces prairiales.

Une croissance à l'arrêt depuis des mois

Au 30 septembre, seulement 52,9 % de la croissance annuelle de référence avait été atteinte, bien en deçà de la moyenne de 91 % à la même période de l'année. Depuis plus de trois mois, la croissance cumulée des prairies n'a pas évolué, selon Agreste.

Un déficit qui s'est aggravé au fil du temps

Le déficit de croissance des prairies s'est accru progressivement au cours des derniers mois. Au 20 septembre, il atteignait 36 %, avant de grimper à 40 % à la fin du mois, avec seulement 1 % de la croissance annuelle normale enregistrée au cours du dernier mois.

Une sécheresse qui touche l'ensemble du pays

Une sécheresse quasi généralisée a entraîné un net recul de la croissance des prairies : au 30 septembre, l'ensemble du territoire, à l'exception de quelques zones, présentait un déficit supérieur à 25 %. Certaines régions ont enregistré des déficits dépassant 60 %, le Limousin et la Bourgogne figurant parmi les plus touchées.

La chaleur et le manque de pluie empêchent la reprise

Agreste attribue l'absence de reprise à l'absence de précipitations significatives depuis la vague de chaleur de fin juin. Cela a empêché toute amélioration de l'état des prairies, malgré la fin de la saison estivale.

Le maïs fourrage également en recul

Le maïs fourrage, autre ressource alimentaire essentielle, souffre lui aussi de la sécheresse. Les premières estimations font état d'une récolte de 11,4 millions de tonnes de matière sèche, contre 15,5 millions de tonnes en 2025, soit une baisse de 26,7 % par rapport à l'année précédente.

La sécheresse pèse sur l'alimentation du bétail

À l'approche de l'hiver, la faible croissance de l'herbe et du maïs fourrage menace la disponibilité de l'alimentation des troupeaux de ruminants. L'ampleur de l'impact dépendra des stocks existants et des conditions propres à chaque exploitation.

L'impact économique des vagues de chaleur

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime que les vagues de chaleur estivales pourraient réduire la croissance économique française d'environ 0,1 point de pourcentage en 2026, principalement en raison du recul de la production agricole. Cette estimation repose sur des données de début septembre et pourra être révisée ultérieurement.