Le Gabon cherche à relancer son secteur pétrolier grâce à de nouveaux contrats et à des réformes des revenus, en ciblant les blocs ultra-profonds avec des propositions de Wood Mackenzie.
Le pétrole reste essentiel à l'économie gabonaise
Environ un tiers du budget national du Gabon dépend encore du pétrole, un secteur dont la production est en recul. Cette situation a conduit le pays à préparer de nouveaux contrats pour relancer l'investissement dans ce secteur économique crucial.Wood Mackenzie propose une réforme des recettes
Le cabinet britannique Wood Mackenzie a suggéré une réforme du partage des recettes pétrolières du Gabon, en particulier pour la production offshore. Ces recommandations ont été présentées le 14 octobre au Cap, en Afrique du Sud, par David Parkinson, vice-président Upstream du cabinet, lors de l'African Energy Week (AEW).De nouveaux contrats avec les grands groupes pétroliers
Le Gabon travaille à un nouveau code des hydrocarbures et s'apprête à signer plusieurs contrats avec de grandes compagnies pétrolières. ExxonMobil a signé un protocole d'accord en octobre 2025, suivi par Shell et BP en juin et octobre de l'année dernière, respectivement.Des accords préliminaires appelés à devenir contraignants
Le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Clotaire Christian Nzamba Nguema, a annoncé en avril que ces accords préliminaires, qui ne sont pas encore contraignants, devraient être transformés en contrats de partage de production (PSC) dans un délai de quatre à six mois.La production pétrolière continue de baisser
La production pétrolière gabonaise a reculé de 8,7 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, selon la Direction générale de l'économie et de la politique fiscale. Le projet de loi de finances 2027, adopté le 18 septembre, prévoit une baisse de 9 % des recettes pétrolières, sur la base d'un prix du baril de 70 dollars.L'accent sur les projets en eaux ultra-profondes
La proposition de Wood Mackenzie vise en particulier les champs en eaux ultra-profondes, les plus coûteux à développer, mais sur lesquels le Gabon mise pour inverser le déclin de la production. Le cabinet suggère un mécanisme appelé « facteur R », qui ajuste la part de l'État en fonction de la rentabilité réelle du projet.Modifications proposées du partage des recettes
Le cabinet recommande de maintenir une redevance de 19 % versée à l'État sur la valeur du pétrole extrait. Il propose également une part minimale garantie de 20 % pour l'État sur le pétrole restant, une fois les coûts d'investissement remboursés. En revanche, les primes à la signature, généralement incluses dans les PSC, seraient supprimées afin de réduire le coût d'entrée pour les blocs en eaux ultra-profondes.Le Gabon dispose de plusieurs blocs disponibles
Selon le cabinet, le Gabon compte 26 blocs disponibles, principalement à terre et en eaux peu profondes. L'adoption du nouveau code des hydrocarbures et son impact sur les contrats avec BP et ExxonMobil, attendus dans les prochaines semaines, permettront de mesurer l'accueil réservé à ces propositions.Les réformes angolaises offrent un modèle
En Angola, des réformes similaires engagées en 2018 ont contribué à stabiliser la production autour de 1,1 million de barils par jour, selon l'African Energy Chamber (AEC). Ce cas constitue un point de référence potentiel pour la stratégie du Gabon.