Une banque béninoise lève des fonds pour le logement

La banque béninoise BSIC Bénin a réalisé une opération de titrisation sur le marché régional, levant 15 milliards de francs CFA (25,4 millions de dollars) auprès d'investisseurs de l'UEMOA. L'opération, entièrement souscrite, a été présentée le lundi 26 octobre à Cotonou, lors du Capital Reach Forum.

Des investisseurs de plusieurs pays ont participé

L'émission, qui s'inscrit dans le programme ZAKA lancé en juillet, a attiré des souscripteurs du Bénin, de Côte d'Ivoire, du Togo et du Sénégal. Les fonds sont destinés à financer des logements dont le coût ne dépasse pas 150 millions de francs CFA, et plus de la moitié du financement vise les primo-accédants.

L'émission comprend plusieurs segments financiers

L'émission FCTC ZAKA BSIC Bénin 2026-2033 se compose de quatre tranches. La tranche senior, la plus importante, atteint 10 milliards de francs CFA, avec un taux d'intérêt de 7 %. Une tranche mezzanine de 3 milliards offre un taux de 9 %, tandis que deux tranches subordonnées représentent 2 milliards.

La titrisation aide les banques à gérer leurs fonds

Développé par AFINHAB, anciennement CRRH-UEMOA, et BOAD Titrisation, le programme ZAKA totalise désormais 30 milliards de francs CFA mobilisés en trois opérations. La levée de la BSIC constitue la première émission sociale du programme. La banque utilise la titrisation pour transformer une partie de ses créances en liquidités.

L'urbanisation alimente la demande de logements

Le potentiel du marché béninois est porté par l'urbanisation : 53 % de la population vivait dans les villes en 2025, selon la Banque mondiale. Le déficit de logements est estimé entre 300 000 et 400 000 unités. Selon le Centre pour le financement abordable du logement en Afrique (CAHF), il a atteint environ 300 000 logements en 2024.

Le gouvernement ajuste les critères d'accès au logement

Face à ces besoins, les autorités ont lancé un programme de construction de 20 000 logements sociaux et économiques dans 14 villes, dont 10 849 logements prévus à Ouèdo, près de Cotonou, tandis que les banques cherchent à développer les prêts immobiliers. Toutefois, début octobre, le gouvernement a élargi les critères d'accès à ces logements en raison de difficultés de commercialisation, signe que les besoins en logements et le pouvoir d'achat des ménages ne concordent pas toujours.

La titrisation ne réduit pas automatiquement les taux des prêts

Pour la BSIC, le défi sera donc de transformer ces nouvelles ressources en prêts accessibles. La titrisation ne garantit pas, en soi, une baisse des taux proposés aux ménages.