La sortie de Garance, un film réalisé par Jeanne Herry et mettant en scène Adèle Exarchopoulos dans le rôle d’une actrice alcoolique, a relancé le débat sur la manière dont l’alcool est représenté au cinéma français. L’historien Erwan Pointeau-Lagadec, auteur de l’ouvrage Jusqu’à l’ivresse. L’alcool et le cinéma en France depuis les années 1960, estime que les films offrent souvent une vision biaisée de la relation des Français à l’alcool. Publié aux éditions Hygée et soutenu par l’Institut national du cancer (INC), son livre souligne que, si la consommation réelle d’alcool en France a fortement diminué – passant de près de 25 litres par personne et par an dans les années 1960 à environ 10 litres en 2021 –, sa représentation à l’écran est restée globalement inchangée.
L’étude a analysé 190 longs-métrages, sélectionnés parmi les productions françaises les plus populaires entre 1961 et 2021. Parmi eux, 175, soit 92 %, incluent au moins une scène montrant de l’alcool consommé. Malgré la baisse réelle de la consommation, la présence de l’alcool à l’écran reste stable. Les chercheurs avancent deux explications principales à cette divergence : d’une part, une raison sociologique, notant que les conditions de travail et l’environnement du secteur cinématographique pourraient exposer acteurs et techniciens à une consommation d’alcool supérieure à celle de la population générale ; d’autre part, une raison économique, suggérant que l’industrie de l’alcool aurait trouvé des moyens indirects d’influencer le cinéma, notamment par le placement de produits, bien que cette pratique soit interdite par la loi.
La loi Évin, qui encadre en France la réduction de l’influence de l’alcool et du tabac dans les espaces publics, ne cible pas directement la représentation de l’alcool dans les films. Elle se concentre sur la publicité, et non sur la depiction positive de la consommation, qui reste légale. Ainsi, les producteurs d’alcool pourraient utiliser le cinéma comme un outil de visibilité dans le cadre d’une stratégie plus large, malgré les incertitudes quant aux effets de ces représentations sur la santé publique.
Pointeau-Lagadec relève également une évolution dans la manière dont l’alcool est montré à l’écran depuis les années 1960. La consommation habituelle a reculé au profit d’une représentation plus occasionnelle et festive, en phase avec les tendances réelles. Par ailleurs, les personnages qui boivent ont changé : les femmes sont de plus en plus présentes, souvent associées à une image d’indépendance plutôt que de vice. Des films comme Une hirondelle a fait le printemps (2001) ou Vingt ans après montrent des personnages féminins buvant seuls, soulignant leur autonomie.
L’ouvrage explore aussi la diversité des formes de consommation représentées. Si certains thèmes ont émergé dans les années 2010, des idées similaires apparaissaient déjà dans des films antérieurs. Par exemple, Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? associe la consommation d’alcool à l’identité française, une notion aux racines historiques. Des productions plus récentes illustrent également l’alcool comme un point de tension entre différents groupes culturels, reflétant les débats sur l’identité dans la société française.
En conclusion, si le cinéma continue d’influencer la perception publique de la consommation d’alcool, son impact sur la santé reste un sujet de discussion. La question de savoir si les éventuels effets négatifs de ces représentations sont acceptables au regard de la liberté d’expression et de la santé publique reste ouverte.
Le cinéma français et sa représentation de l'alcool, en décalage avec la réalité
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



