Un trésor pesant plus de deux kilogrammes d’argent a été découvert en Russie, incluant deux pièces suédoises extrêmement rares. Jusqu’à présent, seulement deux de ces pièces étaient connues, toutes deux conservées en Suède. Selon l’agence de presse RIA Novosti, le 4 octobre 2026, des archéologues de la Kunstkamera ont exhumé un trésor médiéval en argent dans la région de Léningrad. Les fouilles se sont concentrées sur une forteresse médiévale endommagée par des destructions récentes. Dans le nord-ouest de la Russie, de tels dépôts d’argent contiennent généralement seulement quelques ornements isolés, mais cette découverte dépasse toutes les précédentes en termes de richesse et de diversité. Parmi les bijoux encore enfouis dans la terre figuraient deux pièces suédoises rares, quasi impossibles à trouver en dehors des collections suédoises. Les deux pièces en provenance de Suède sont connues sous le nom de bractéates du type d’Uppsala, des pièces frappées sur une seule face. Les ateliers suédois les ont produites entre la fin du XIe siècle et la première moitié du XIIe siècle. Avant cette excavation, seuls deux exemplaires étaient connus, tous deux conservés à Uppsala. Stanislav Belski, qui dirige l’expédition, les décrit comme absolument uniques à l’échelle mondiale. La troisième pièce du dépôt est un dirham arabe, une monnaie d’argent frappée dans le monde musulman. Les numismates la datent entre 907 et 912, bien que cette datation repose sur une photographie et reste provisoire. Les objets du trésor s’échelonnent du Xe au XIVe siècle. Ces pièces pèsent ensemble plus de deux kilogrammes. Le trésor comprend plusieurs médaillons ronds ornés de granulation et de filigrane, des techniques qui assemblent des grains minuscules et des fils d’argent soudés ensemble. Un torque orné de grande taille, des pendentifs-monnaies et de fines chaînes complètent l’ensemble. S’y ajoutent un anneau, une fibule en fer pour bride de cheval et une coiffe d’origine carolingienne. Les chercheurs considèrent la qualité de ces objets comme exceptionnelle. Leur examen préliminaire suggère que la plupart n’ont pas été forgés localement. Ces pièces proviendraient de la Rus’ ancienne ou de Scandinavie et auraient transité par la forteresse carolingienne avant d’être rassemblées dans un même dépôt. Un médaillon d’argent a particulièrement intrigué les spécialistes. Deux oiseaux encadrent un objet allongé, et l’hypothèse suggère qu’il s’agit de Hugin et Munin, les corbeaux du dieu Odin, de part et d’autre de sa lance Gungnir. Ce motif serait donc païen. Pourtant, le même dépôt contient des objets à symboles chrétiens, une juxtaposition que personne n’a encore expliquée dans cette forteresse. La forteresse de Tiverski Gorodok se situe dans le district de Priozersk, en bordure de la Vuoksa. Au Moyen Âge, ces eaux reliaient les Carolingiens du lac Ladoga à Novgorod et aux ports scandinaves. Le mélange d’objets du trésor trouve ici son explication. Les archéologues fouillent le site depuis près de dix ans. La Kunstkamera, musée d’anthropologie et d’ethnographie de l’Académie des sciences de Russie, mène les fouilles avec le Centre d’archéologie actuelle basé à Saint-Pétersbourg. L’étude des objets doit encore préciser leur lieu de fabrication. Les quatre bractéates connues se trouvent désormais réparties entre deux vitrines à Uppsala et un dépôt carolingien.