Un homme de 21 ans a été condamné à cinq ans de prison pour avoir délibérément mis le feu à un appartement à Villeurbanne, des éléments de preuve le reliant au crime.
Peine pour incendie volontaire
Rayan C., âgé de 21 ans, a été condamné à cinq ans de prison, dont un an avec sursis, par le tribunal judiciaire de Lyon lors d'une audience immédiate le 21 octobre. L'audience s'est tenue dans la 14e chambre du tribunal, devant une salle comble.Chefs d'accusation et détails des faits
Rayan C. est poursuivi pour « destruction du bien d'autrui par un moyen dangereur pour les personnes, en état de récidive ». Les faits se sont produits le 25 août, vers 1 h 30, dans un immeuble de la rue Jules-Guesde à Villeurbanne, où le paillasson et la cale-porte d'un appartement ont été volontairement incendiés.Éléments de preuve et menaces
Selon les éléments présentés lors de l'audience, de l'super carburant aurait pu être utilisé pour déclencher le feu. La porte n'a toujours pas été réparée, obligeant les occupants à placer un meuble pour la maintenir fermée. L'enquête s'est appuyée en partie sur des vidéos partagées dans un groupe Snapchat.Menaces et identification
Un ami de la famille des victimes a reçu trois vidéos dans lesquelles une personne menace de mettre le feu à la porte. Sur l'une d'elles, un bidon blanc est visible. « Vous allez tous brûler, bande d'enculés », est-il entendu dans l'une des séquences. Lorsque la jeune fille de la famille demande qui apparaît sur les vidéos, une réponse aurait été donnée : « C'est Rayan, sale pute. »Relation personnelle et dénégation
Le cœur de l'affaire repose sur une relation amoureuse de plusieurs mois avec la jeune fille de la famille victime de l'incendie. Cette relation est qualifiée de « néfaste » et de « très conflictuelle ». Rayan C. nie pourtant avoir eu une relation avec elle.Perquisition et preuves
Lors d'une perquisition au domicile du jeune homme, les enquêteurs ont découvert un pistolet semi-automatique, un briquet semblable à celui visible sur les vidéos, ainsi que les mêmes chaussures portées sur les images. Un appartement détruit lors d'un incendie volontaire à Villeurbanne.Comportement du prévenu
Le prévenu agace le président du tribunal. Devant les juges, Rayan C. conteste fermement les accusations. « Je n'ai rien à dire. Ce n'était pas moi », déclare-t-il. Interrogé sur le compte Snapchat « Lerisque69 », utilisé pour partager les vidéos, il maintient sa position : « Je n'ai aucune explication, ce n'était pas moi. »Antécédents judiciaires et situation juridique
Son casier judiciaire comporte plusieurs condamnations, notamment pour recel, infractions liées aux stupéfiants, violences et injures. En 2026, il a été condamné à trois mois de prison pour recel et refus d'obtempérer. Il avait été libéré de détention le 20 août, cinq jours avant les faits pour lesquels il est poursuivi.Situation personnelle
Sans emploi, il affirme être en situation de handicap en raison d'une prothèse de hanche. Il était également placé sous contrôle judiciaire depuis le mois de février. « Il ne mesure pas la gravité des faits. »Arguments du parquet
À l'audience, la procureure critique l'attitude du prévenu. « Le tribunal ennuie M. C. Il ne mesure pas la gravité des faits », déclare-t-elle. Elle rappelle également le drame survenu à Décines en mai de l'année dernière, qui a coûté la vie à trois personnes, pour souligner les conséquences potentiellement dramatiques d'un incendie volontaire dans un immeuble.Réquisitions du parquet
Le parquet requiert cinq ans de prison, dont un an avec sursis, ainsi qu'une interdiction de paraître à Villeurbanne, une interdiction de détenir une arme et une interdiction de contact avec la famille de la victime. Une obligation de soins est également demandée.Arguments de la défense
En revanche, l'avocat de Rayan C. demande la relaxe. « Les échanges sur Snapchat ne sont pas clairs. Sur les vidéos, on ne peut pas reconnaître sa voix avec seulement trois mots courts », plaide-t-il. Il met également en avant l'état de santé de son client et s'oppose à une interdiction de résidence à Villeurbanne, où celui-ci habite.Décision du tribunal
Le tribunal a finalement condamné Rayan C. à cinq ans de prison, dont un an avec sursis. Il lui impose également une obligation de soins, une interdiction de paraître à Villeurbanne, une interdiction de détenir une arme et une interdiction de contact avec la famille de la victime.Suite de la procédure
L'indemnisation des victimes sera examinée lors d'une nouvelle audience prévue en février 2027, en présence de la partie civile, absente lors du procès.