Des jeunes Canadiens, dont Sadie Vipond, poursuivent le gouvernement pour ne pas les avoir protégés des effets climatiques, un recours historique dans la lutte contre le changement climatique.
Un traumatisme d'enfance lié aux inondations de Calgary
Sadie Vipond avait 7 ans lorsque sa grand-mère l'a réveillée au milieu de la nuit, pendant les inondations de Calgary en 2013, une catastrophe devenue la plus coûteuse de l'histoire de l'Alberta et qui a laissé des séquelles émotionnelles durables chez de nombreux habitants.Des jeunes intentent une action en justice contre le gouvernement
Six ans plus tard, en octobre 2019, Sadie et 14 autres jeunes Canadiens âgés de 10 à 19 ans ont rejoint Greta Thunberg à Vancouver pour déposer une plainte contre le gouvernement fédéral. Ils lui reprochent de ne pas avoir protégé adéquatement leurs droits fondamentaux en n'agissant pas suffisamment face à la crise climatique.Une bataille judiciaire qui s'étire sur des années et des changements de vie
Albert Lalonde, l'un des plaignants, qui avait 17 ans au moment du dépôt de la plainte, affirme que le groupe a vieilli, que certains sont désormais adultes et que d'autres ont traversé l'adolescence tout en composant avec la lenteur des procédures judiciaires. Il ajoute que la crise climatique s'est aggravée depuis le dépôt de la plainte.Les jeunes décrivent une aggravation des effets climatiques
Les plaignants, appuyés par des experts du climat, témoignent de la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, notamment les feux de forêt, les vagues de chaleur, les sécheresses, les pluies torrentielles et la hausse du niveau de la mer. Ils soutiennent que l'incapacité du gouvernement à les protéger de ces dangers porte atteinte à leurs droits à la vie, à la liberté et à la sécurité garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.Le gouvernement soutient qu'il n'a aucune obligation juridique
Dans sa déclaration liminaire, B. J. Wray, avocate représentant le gouvernement, a fait valoir que si celui-ci a une responsabilité politique de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il n'a pas d'obligation juridique de le faire. Il s'agit de la première fois que des tribunaux canadiens sont appelés à se prononcer sur la question de savoir si la réponse globale de l'État à la crise climatique porte atteinte aux droits fondamentaux.Un procès qui pourrait remodeler la politique climatique
Le procès, qui devrait durer cinq semaines, pourrait entraîner d'importants changements dans les politiques climatiques du Canada. Des actions en justice semblables ont été intentées dans le monde ces dernières années, des militants cherchant à obtenir que les tribunaux tiennent les autorités responsables de leur inaction face au climat. Sadie Vipond, interrogée par la CBC, a exprimé l'espoir que le Canada défende ce qu'elle considère comme juste.