L'UE et la Nouvelle-Calédonie signent un accord sur le nickel pour renforcer la compétitivité minière et sécuriser l'approvisionnement européen en métaux critiques.
L'UE et la Nouvelle-Calédonie signent un accord sur le nickel
L'Union européenne et la Nouvelle-Calédonie ont signé un protocole d'accord consacré au nickel, dans le but de renforcer la compétitivité de l'industrie minière calédonienne et de garantir un approvisionnement stable en métaux critiques pour l'Europe. L'accord a été signé par Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne, lors de sa visite dans ce territoire français du Pacifique Sud.L'UE insiste sur le contrôle des ressources et sur le partenariat
Stéphane Séjourné a assuré à l'AFP que ce partenariat ne remet pas en cause le contrôle de la Nouvelle-Calédonie sur ses ressources en nickel. Cet accord est le 17e du genre entre l'UE et la Nouvelle-Calédonie et prévoit d'accroître la transformation du nickel sur place, sur le territoire. Une feuille de route détaillée, assortie d'actions précises, est attendue dans un délai de six mois.Les objectifs à long terme de l'UE en matière de matières critiques
L'UE vise à faire passer d'ici 2030 17 matières premières critiques, actuellement placées en « zone rouge » de risque d'approvisionnement, à un statut « vert ». Stéphane Séjourné a mis en garde contre le fait de laisser un seul acteur contrôler le flux de ces ressources et de les utiliser comme un outil politique. Il a insisté sur la nécessité de moderniser le secteur et d'accroître sa compétitivité, sans pour autant créer une nouvelle région minière.L'UE étudie des outils financiers et commerciaux
La Commission européenne envisage de nouveaux outils financiers pour stabiliser les prix du nickel, notamment des contrats d'achat à long terme, une compensation des fluctuations de prix et un prix plancher minimum. Bruxelles travaille également à des instruments commerciaux plus contraignants afin de diversifier les sources d'approvisionnement. Toutefois, l'UE dispose actuellement d'une capacité limitée de transformation du nickel, ce qui constitue un autre défi pour atteindre ses objectifs.L'opposition locale et ses revendications
Des élus indépendantistes du groupe Kanaky NC ont boycotté le discours de Stéphane Séjourné à l'assemblée de la Nouvelle-Calédonie, le Congrès. Séjourné a relevé que les sièges vides du Congrès n'aidaient pas à convaincre ses homologues européens de soutenir les projets de la Nouvelle-Calédonie. Kanaky NC a critiqué le manque de consultation des groupes du Congrès.Des revendications locales pour une stratégie inclusive
Favorable au partenariat, Kanaky NC demande une stratégie élaborée localement, associant les provinces, le Congrès, les autorités coutumières, les opérateurs industriels et l'État. Le groupe exige également des garanties que les communautés locales bénéficient de l'accord. Alcide Ponga, responsable gouvernemental impliqué dans le protocole d'accord, souhaite garantir un maximum de retombées locales de ce partenariat.Appels à une révision de la stratégie et à la concertation
Le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Milakulo Tukumuli, prévoit de revoir la stratégie nickel et le code minier au cours des six prochains mois. Il avertit que l'absence d'action pourrait avoir de graves conséquences. Parallèlement, les autorités coutumières d'Inaat Ne Kanaky réclament une concertation préalable et un rôle formel dans l'élaboration de la feuille de route de l'accord.