Dans le département de Seine-et-Marne, où se trouve la circonscription du premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, un élu est accusé d’avoir tenu des propos racistes. Cette affaire a ravivé les tensions au sein du PS, actuellement en pleine procédure interne pour désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2027. Le maire de Lieusaint, Michel Bisson, tarde à trancher sur les accusations portées contre l’un de ses adjoints, Muriel Duclau, tandis que les dirigeants du parti débattent de l’affaire à la télévision. L’incident concerne une assistante municipale, Muriel Duclau, cinquième adjointe en charge de l’éducation, visée par des propos jugés offensants lors d’un événement public. Le 8 mai 2026, lors d’une commémoration de la victoire des Alliés dans la Seconde Guerre mondiale, Souadou Diallo, présidente de l’association locale Ensemble pour l’enfance, organisait un événement de solidarité. Elle avait invité Muriel Duclau, mais cette dernière a décliné l’invitation en déclarant qu’il y avait « trop de Noirs et d’Arabes et pas assez de Français de souche » parmi les bénévoles. Souadou Diallo a réagi sur Facebook, l’exhortant à assumer ses propos. Muriel Duclau a confirmé ses déclarations à la police avant de se rétracter, affirmant vouloir « la paix dans la commune ». Elle a ensuite nié avoir tenu ces propos, évoquant un conflit d’agenda pour justifier son refus. Souadou Diallo a également accusé Muriel Duclau d’avoir critiqué son action en faveur du gouvernement du Sénégal, où Ensemble pour l’enfance intervient, et d’avoir utilisé des fonds publics pour un projet qualifié de « vacances ». Muriel Duclau s’est défendue en expliquant avoir validé la subvention de l’association et que le terme « vacances » n’était pas péjoratif, même s’il avait pu être mal choisi. Concernant le Sénégal, elle a précisé vouloir s’assurer de la sécurité des habitants s’y rendant, et non critiquer les lois du pays. L’affaire a provoqué des dissensions au sein de la majorité PS de Lieusaint. Josua Sakti Haron, conseiller municipal, a alerté Michel Bisson sur les accusations, mais le maire aurait demandé de garder le silence. Indigné, Haron a saisi SOS Racisme. Michel Bisson a indiqué avoir agi avec prudence, précisant qu’un témoin anonyme avait confirmé les propos. Il a donc retiré ses responsabilités à Duclau et l’a exclue de la majorité, tout en lui conservant son titre d’élue. Josua Sakti Haron a critiqué le maire pour avoir protégé son adjointe plutôt que de traiter sérieusement le problème. Olivier Faure, candidat à la primaire du PS et conseiller municipal, a appelé à la démission de Muriel Duclau, estimant que de tels propos étaient inacceptables. Duclau a répondu qu’elle s’en remettrait à la décision du maire. Par ailleurs, Julie Garnier, conseillère régionale de La France insoumise (LFI), a critiqué Duclau sur les réseaux sociaux. Cette dernière a porté plainte pour diffamation et a obtenu une protection juridique de la part du maire PS, qui prendra en charge ses frais de justice. Bisson a justifié cette protection comme un droit pour les élus, tandis que Haron a dénoncé l’utilisation de fonds publics pour défendre une erreur personnelle. Le maire a indiqué qu’il retirerait cette protection lors d’un prochain vote en conseil municipal. La situation s’est encore envenimée lorsque Josua Sakti Haron a été exclu de la majorité municipale, une décision qu’il attribue à son signalement à SOS Racisme et à son refus de se taire. Michel Bisson a démenti cette version, évoquant une altercation verbale avec un autre conseiller. Ce conflit ajoute une dose d’incertitude à la primaire du PS, dont le scrutin est prévu début octobre.